Béquillage — Sondage

Béquillage du quotidien

Je béquille dans une rue, je n’avance pas nécessairement tout droit, j’évite les passants, les poteaux, les poubelles, les flaques d’eau ou d’urine, les excréments canins, secs comme fumants. Je regarde droit devant moi, fixant un point éloigné, sans raison précise, ou plutôt parce qu’il faut bien regarder quand on ne regarde rien, alors autant fixer une chose vague. Un instant du moins. Je jette un œil derrière mon épaule, si rapidement que je n’ai le temps de rien voir, à peine si je regarde qu’une personne ne me dépasse pas ou ne me frôle de trop. Rien de précis à regarder, mon corps est juste en mouvement et si je le pouvais je fermerai sans doute les yeux. Détour du regard sur une fille qui me dépasse, je la scrute de bas en haut, en bloquant un peu au milieu ; puis en pivotant sur mon axe pour éviter un poteau, mes yeux accompagnent mon mouvement axial en se fixant sur l’obstacle passé ; et mes yeux repivotent avec mon tronc. Et je béquille…

Sondage

Me voilà dans la salle-de-bains, je fais face au W.C. en m’appuyant contre le mur à l’aide de mes fesses. Je dépose mes cannes contre la baignoire, à l’arrière du cabinet. Je porte mes mains à mon pantalon en déboutonnant son bouton supérieur et je le fais tomber jusqu’au sol, puis je  m’avance en pivotant pour venir poser mes fesses contre la lunette du cabinet. Je prends dans ma poche une compresse emprisonnée par une sonde. Je l’en libère, et la laisse tomber au sol. Je presse mes mains contre la poche d’eau stérilisée qui se trouve dans la partie supérieure de la sonde, l’eau se répand, la sonde est lubrifiée.  Je déchire alors la partie du réservoir vide avec mes mains, assez bas pour pouvoir me saisir de la sonde et la tenir à deux doigts par le bout de plastique noir qui n’est pas en contact avec mon corps : elle pend en l’air. En même temps je prends la compresse du sol, je la porte à ma bouche et déchire avec mes dents un côté, d’où j’extirpe la compresse. Je la dispose à plat entre mes doigts et viens y enrouler la sonde. La main droite qui tient sonde et compresse ne bouge alors plus, la main gauche saisie mon sexe, et, tandis qu’elle le décalotte, la droite porte à mon gland la sonde lubrifiée que je fais pénétré par l’urètre, doucement, de plus en plus profondément jusqu’à que ce que j’entende le bruit de l’urine éjectée par la sonde.

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2 réflexions sur « Béquillage — Sondage »

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