En passant

L’histoire que je vais te raconter est simple. Elle est simple pour qu’à ta façon tu puisses la raconter en y ajoutant ce sel particulier qui fait que tu es qui tu es. Utilise alors ton imagination, ta sensibilité, pour l’orner de ce qui te semble essentiel pour la rendre proche de l’image que tu t’es formé-e d’elle, que cela soit par le moyen de la sensation seule, ou bien de l’imagination mêlée.

Un homme, dans la vingtaine, travaille à son bureau, en écoutant de la musique africaine. Celle-ci accompagne son travail ; le stimule, le porte comme le vent emporte l’esquif voilé. La musique est reproduite par un système duquel, parfois, le travailleur ressent de la gêne. N’écoute-t-il pas des chants simples, portés par une voix et un simple instrument à corde, à l’aide d’un attirail technologique très compliqués ? Mais plus tard, oui plus tard, il se rapprochera de ces choses simples. Oui…

Le même homme, maintenant âgé de la trentaine, les cheveux forts, a fini de travailler. Il est maintenant assis avec un groupe de musicien africain. Il y a là une chanteuse, et un joueur d’instrument à corde. Il a réalisé son rêve, il est venu avec ceux qu’il écoutait jadis, ou dans une vie antérieure, il ne sais même plus vraiment lui.

Il sourit. Tape dans les mains, au rythme – unique – de la voix de la chanteuse et du frottement des cordes.

L’âme d’antan

L’âme d’antan
Crie férocement
S’abat comme couperet
Comme métal
Chairs tranchées
Comme bétail
Encre en sang
Gant et ustensile
Sur épiderme
Feuilles de poils
Feuilles de spasmes
Feuilles qui sues
Y tranche toutes plumes
Accrocs — frémit l’être
Affermit le dessin
Transperce l’épiderme
Jusqu’à l’os
De sa porosité jaillissent riffs — bulles de couleurs bleutées
Sur sa porosité s’abattent baguettes — pointes de couleurs rougeâtres
Qu’il saigne
Qu’il coagule
Qu’il suinte
Qu’il suppure
Qu’il serpente
Qu’il s’invagine
Qu’il coule
Qu’il flux
Qu’il fleuve
pleut comme Peuls
Qu’il germe à nouveau
Paysage de soleils
Système « osseux »
Astres sans nerfs



Plasma & spasmes

La Flamme de l’âme d’antan dans son crie ardent réinvente son temps – de lui en jaillissant.

L’amour

Pourquoi devrais-je attendre
Que tes peurs à mon encontre s’estompe ?
Mon cœur bat la chamade
Mais tu le brise à cause de la forme de mon corps
Celle-ci déchire ton amour pour celle que tu aimes en imagination.

Tu as peur d’aller au-delà de toi, aimé !
L’amour est sans forme
Combustible de voyage :
Que tes reins, ou tes seins, ou autre, soit ce qui le paysage.
Sur moi il n’y a que ce que tu y mets
La peur ombrage ce que l’amour sans peine peut magnifié
La peur trahit le sédentaire par sûreté
Ah oui ! l’ami ! l’amour ne rapproche pas Jupiter de Cassiopée
Mais il allège la vie
Comme un fonctionnaire pète pour évacuer sa hiérarchie.

La route du paradis mérite-t-elle nos convulsions ?
La dernière délivrance est de se libérer de cette dernière
Derrière nos peurs comme aigle vole le libertaire
¿Que es lo que quieres, amigo? barrière hors de la vie
What do you love, friend? ¡vive libre!

Allez cesse — danse survole tes terres aisance
et sans fer s’élève l’air chaud t’élèves
dans les nuages tu loves tes peines
alors que sur terre ton corps gambade

L’humain est un fou qui survole le bonheur
de haut il le voit par peur de l’étreindre

Le Sud est le but qui a pour étendard le Midi
de 10 000 soleils et l’aigle pour témoin
pour l’instant chenille est la forme
ses émois produisent papillons — 10 000 couleurs