En passant

incipit

Ce que nous sommes, c’est un bateau ; nous vivons en naviguant sur l’infinie mer de la réalité.

L’esprit, c’est le gouvernail : il donne sa direction à l’esquif ; mais il ne domine pas celui-ci car il se sert de lui : sans bateau, le gouvernail n’a aucune direction à donner à quoi que ce soit.

Comprendre / Vivre la réalité pleinement c’est éviter les milles dangers de la mer et toujours avancer avec le vent, jusqu’à la dissolution naturelle de l’esquif qui sera, à nouveau, de la mer !

L’infirme

Représenté rarement n’existant que peu
Accroché au crochet de la pitié
Offert en pâture aux regards de tous
Qui suis-je ? Moi, que ta pitié étouffe.

Tu me connais peu
Pourtant tes regards me scrutent souvent
De moi tu sais tout
À l’exception de c’qui t’échappe

Je loge dans ta bonne conscience
Tes ténèbres les plus profondes
Tu désirs me sauver de ma condition
Cependant rien ne t’excite autant que mes moignons

Je suis un paradoxe
De la vie, de dieu qui sait ?
Je suis un fruit du hasard, parfois une monstruosité
Du pain béni pour l’eugéniste
Une sale race pour l’évangéliste

Note mes milles noms sur ta liste
À l’encre noire, rouge, en lettres obliques
Qui suis-je ?
Qui suis-je ?
Jésus me sauva et les normes me fabriquent…