La marche paradoxale ! ;-)

Sur une lange d’olive large
Je pose mon pied et mon cerveau n’en mène pas large
Je cours à la nage, entre étoile et ciel
Une comète me suit de près, je me cache dans l’herbe pour lui échapper.

« Où est mon royaume ? », me demande un chat
« La litière est derrière je l’ai vu », lui dis-je en iroquois
« Merci, mon brave, mon séant doit faire caca… »
Le chat de partir tout poil racé en route vers son lit de pot.

Je continue ma marche paradoxale
Je ne sais où je vais, mais du moins je me sais marcher !
Mes jambes ne me portent pas c’est le sol qui me repoussent
Où est ma gourde car j’ai faim j’entends sourdre mon estomac… !

Et il sourd le bougre, il sort de mon corps pour me parler
À première vue je me réjouis que mes organes aient ce dernier à contempler à longueur de journée !
« Idiot, il fait si noir à l’intérieur que la beauté n’est pas pour nous !
Je suis sorti pour te demander : où nous allons ? »
« Hé, je ne le sais ! » lui répondis-je en gargarisme
« Ah, d’accord, très bien ! » répondit-il joyeux avant de retourner dans mon âtre

Nous marchons, mes organes et moi
Vers un ailleurs insoupçonné !

Tristesse

La tristesse est une caresse qui te met face à l’absence
Quand sous tes pieds le sol se dérobe
Que personne pas même tes potes ne te remontent
Seul face à la béance de l’instant miraculeux que ratèrent tes yeux.

Ô mon amour, ô mon ami, que vois-je si tes yeux chavirent
Je dois croire en des lendemains sans toi comme objet de mon désir
Mais mon esprit les rejette, me revoici statuette de bois
Près d’un foyer dont la chaleur grignote mon écorce de 24 printemps.

Ô ma vie, qui me file entre les doigts
Tu tombes sur mes pieds,
Ainsi tu les réchauffes
Jamais plus je ne pourrai me baigner en toi
Jusqu’à l’ultime seconde qui me rapprochera de toi… !

Ô mon esprit, ô ma conscience
Pourquoi cherchez vous tant à m’emmener auprès de Cerbère ?
Je préfère les chiens pareils aux hommes, une seule tête remplie de vide
Me voici triste comme celui qui désire rentrer chez soi tout en étant apatride.
Chez moi tout est en désordre
Je veux en même temps sortir dehors et rester dans mon âtre
Déchiré entre ces espaces irréconciliables
Tristesse est l’amante que je serre comme un arbre.

Faire mourir ce tel moi qui nous altère
En interne des milliards de rêves éternels
Qui gravitent en nous autour de notre soleil
Qui rendent nécessaires nos larmes et nos déserts
Nos ombres et nos morts certaines
Inscrit sur le feuillet volant du temps
qui nous baignent,
nous rassérènnent
plein—itude sûr et certaine

« Tu ne me mérite pas encore… »

La mort me manque
à dire vrai j´aimerai l´enlacer
mais quand je me mets à ses bras carresser
son corps s´esquive à mon geste
qui n´a plus que absence et l´air à palper.

« Pourquoi ce geste d´évitement ? » je lui demande.
« Je ne t´évite aps ; mais le moment n´est pas venu encore ;
seul le mort enlace la mort ;
toi, tu n´en est pas là ;
tu as ton vivre à explorer-là ;
reviens me voir lorsque achever il sera ;
et si ton vivre est puissant, car proche de ton être,
je t´accueillerais à la sympathie de ce que tu seras devenu et dans ta béante entièreté… »

Buvant ses paroles, mon esprit devint clair vacuité.
Nous laissâmes silence nourir ce temps sans horloge.
Et, sentant l´infléchissement vers elle malgré moi accomplie, la mort reprit :

« Mais, je vois que tu insiste, que tu veux forcer l´union ;
sache que cela ne se peut ;
ma richesse est trop grande à « parcourir » pour les peu-vivants :
incapables d´apercevoir dieu dans l´intimité du démon,
adulant ce dernier en dédommagement de leur impuissance
— ainsi ils se cachent que cette idole est rendu possible par la Transcendance.
Oui ! les peu-vivants ne me méritent pas
car ils ont en premier accrochés leurs valeurs dans le monde
et doivent pour m´enlacer d´abord par lui passer…
Vis, nous nous trouverons / traverserons plus loin ! »

La mort disparut alors,
me laissant sans sens à articuler,
pour quelques instants.

Avec un esprit de clair vacuité
je me levais en même temps qu´un profond rire ébranlait mon être
et, pas-à-pas, marchait vers la vie,
— que je trouvais occupée à danser un
sensuel tango avec la mort.
Je les rejoignis, pour danser — ensemble !