L’esprit vu par le corps

Le corporel (s’)exprime toutes les dimensions qu’il construit sous le mode du spirituel – l’esprit ! C’est la présence atmosphérique – présence-Image – du corps à l’esprit, à la façon de l’esprit. La façon qu’a de se modifier ce rapport à cette présence-Image – à savoir les divers intensités, les divers façons qu’a l’esprit de se paysager, les divers objets de pensées, les divers façons d’imaginer, les divers façons de se souvenir, et encore bien d’autres choses – est ce que l’on appelle le flux de l’esprit, c.à.d. l’expression du corps vécu – représenté – sous le mode de l’esprit.

Pour reformuler autrement : le corps n’est jamais neutre relativement aux différentes séries qu’il traverse (intensités, paysages, objets de pensées, etc.), en effet, la traversée ne peut être autre chose qu’un devenir ; et le corps, il n’est pas possible qu’il ne passe pas par différentes séries, et, bien sûr, que chacune de ces différentes séries, en elles-mêmes, n’évoluent pas : il est impossible d’appeler « humain » un individu qui ne voit pas ses pensées évoluer avec le temps, un individu qui n’est pas traversé de nouvelles intensités, ou les anciennes, qu’il n’arrive pas à tisser de nouveaux rapports avec elles. Par conséquent, la catégorie ontologique n’est pas celle de « être » mais bien celle de « devenir », car tout ce que l’on dit et que l’on reconnaît comme « exister » il faut avant toute chose qu’on reconnaisse que : devenir est ce qui rend possible de re-connaître le contenu concret de l’être, car sans le devenir il n’y aurait que de l’être, et toutes choses seraient figées, et dans le monde et dans l’intériorité – et tout ne serait donc que néant, car sans distance il n’y a ni présence, ni images, ni rien d’autre. Il est bien sûr possible d’illusionner la catégorie de « être » comme étant la première catégorie ontologique, mais il semble alors que l’on se laisse aller à une sorte de méditation qui ne prends pas appui sur quelque chose de concret – le corporel –, mais bien sur quelque chose de subtil – le spirituel – : et alors, l’esprit devient, en quelque sorte, « imbu » de lui-même, car, en se retournant vers lui au moyen de lui-même, et suivant sa propre mesure, il ne fait jamais que retrouver ce par quoi il a pu commencer à penser, à savoir lui-même (détaché de toutes les choses du monde) : et alors, la tentation est grande qu’il « enfle », c.à.d. qu’il se rende incapable d’accorder une valeur à d’autres choses qui ne sont pas, ou alors bien difficilement, aussi subtil que lui. Car il reste, malgré tout ce qu’on lui a fait subir depuis que l’homme pense-par-écrit, le plus subtil… En quelque sorte, l’esprit est donc bien emprisonné par le corps, ou plutôt devrait-on dire qu’il est absolument au service du corps : l’enjeu de la philosophie est donc bien, non pas d’apprendre à l’esprit de tendre à ne se reconnaître que dans les événements du monde, mais bien plutôt, à apprendre à l’esprit qu’il n’est là que pour remplir une fonction toute différente de celle à laquelle il se croît appartenir (connaître, connaître Dieu).

Et c’est à ce point précis que les choses prennent un jour nouveau, promettent un avenir très différent de ce que l’on a appris à penser par automatisme (habitude et répétition) : on vit sans savoir ce qu’est la fonction de l’esprit [1]… Sur ce point d’achoppement précis, les doctrines, les pensées philosophiques, les systèmes religieux donnent un panel de réponses infini – ce que nous pouvons comprendre comme une preuve, qu’au fond, l’esprit garde tout son mystère… Ce dont on ne peut néanmoins douter est qu’il y a bien une fonction qui est remplie car, ce dont nous ne pouvons encore moins douter c’est bien que l’esprit fonctionne : au fond, que l’esprit est vivant – oui ?

[1] Il suffit de douter réellement sur ce que l’on considère comme une connaissance acquise pour, immédiatement, se retrouver nez-à-nez avec l’inconnu – le réel !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s