poésie ravivifiante

Je me vois là, faible pour la vie
de ça je n’ai pas de honte
car de cela je ne m’apitoie ;

Tandis que cœur & esprit à l’unisson
Me font arpenter cette dénivellation
un seul regard dans le puits de mes remémorations
et l’espoir je retrouve, en mon sein, en gestation ;

Cette dure route qui paysage mon existence
je la reconnais car déjà je la vécue,
des centaines de fois peut-être
mais qu’importe le nombre,
Car la vie est une table multipliant les multiplications

Car l’existence est une table
Multipliant les multiplications.

En moi, le penseur veut connaître, comprendre & créer
Et le poète veut s’étendre, voir & aimer ;

Le sage est ou dans la cave ou sur le toit
à crier haut ce que l’idiot ne perçoit pas,
Ce que le solitaire, une fois encore,
Se voile de plaisirs en voulant un désert
pour en fuir les oasis

2 avril 2013, BUC du Mirail, 4° étage, aile sud-est, écrit entre 11h et midi

rap sans titre

J’suis un guerrier sans cause
Qui cherche sa bataille
En attendant j’assène des coups d’épée dans l’vent & me noie dans mon spleen

Mes lectures me construisent
M’harmonisent aussi parfois
Mes écrits sont comme un corps que je ne caresse pas

Sans peau en retour
À l’éther ma pensée retourne
Au moins mes cernes maquillent mes yeux, – change mon regard

Tous mes rêves sont absents
Ils obéissent à ma voix
Qui leur a dit d’errer derrière le voile de ma conscience pour me laisser paisible

Mon existence est telle un prisme
Elle réfracte toutes les lumières
Je n’en veux rétracter aucune :
Donc je mesure ce que je porte d’estimable

Tout en moi n’est que tendances à accomplir ma promesse
Le reste, des détails
Que je porte en vitrail
Pour venir décorer mes chiottes

Moins tu me comprends et mieux tu comprendras,
Vieil argument mystique tout rajeuni par mes doigts
Et quand ils dessinent des lettres
C’est pour trouver le concept de l’espèce

Mais ils tremblent forts quand ils retrouvent ce qu’ils perdirent
Que l’indéfini est dans l’humain comme l’est le vide pour l’espace.

écriture éthylique

Raide défoncé. Enfin, pas tant en vrai, mais quand même bien, oaius ! J’me calle devant l’ordi, je lance un SoundCloud avec des instru de 2Pac, ça glisse tout seul ; une envie d’écrire, trop défoncé pour sortir une feuille et un stylo (la flemme tout ça). Aucune idée en tête, c’est ça l’pire, se mettre à écrire sans qu’on ait rien à dire, même pas que la vanne expressive s’ouvre ; telle une coquille vide attendant qu’on vienne me briser – mais par qui, par quoi ? Rien ne se passe, ici, ou ailleurs, rien. – J’écris avec ma chatte qui dort sur mes genoux, remue sa queue, etc. Je relis d’un œil fatigué ces quelques lignes que tu viens de lire, je lis ça comme, je ne change rien, ‘fin si, un peu la ponctuation, en passant, vite fait. C’est dingue combien je n’ai jamais autant écrit en lisant que dernièrement, – je me rattrape on dirait ! Je souligne, j’entoure, j’écris mes commentaires de lecteurs en marge du texte, etc. Tout ça n’est pas très intéressant – mais j’ai averti, hein ! que j’n’avais pas d’idée et pas de création quand j’ai décidé d’écrire, à l’instant -, mais c’n’est pas grave, l’essentiel est de n’avoir rien à viser en écrivant, et d’s’y t’nir (on dirait une langue ancienne, tu ne trouves pas ?). Je me prépare un épisode de Breaking Bad pour juste après, saison 5 épisode 11, un épisode où W.W. aka Heisenberg va faire des révélations à Jesse Pinkman sur la nature de leur relation, sur son cancer, sur la méthamphétamine, sur pourquoi le ciel est bleu et la couleur du sable qui les entoure est dominante chaude, etc. Il va lui dire, bien en face, qu’il a fait ça « pour sa famille », qu’il a fait ça « pour l’argent », mais qu’au fond, il « regrette », il sait qu’il « ira en Enfer », et bla et bla et bla (comme dirait N. ; N. c’est une fille sympathique, qui dit c’qu’elle pense, franc jeu, hein, elle y va sec, tant pis si ça blesse, une vraie enculeuse-née c’te meuf !) En pensant à elle, comme ça, par glissement, je pense à M., elle, qui, ben, euh… y a rien à dire, un fantôme dans une shell, une sorte de Major Kusanagi, mais sans les améliorations et l’appétence pour la baston, mais en ce qui me concerne, la même envie de lui limer l’anus proprement, en commençant par y mettre « un doigt… puis deux… puis trois » (comme dit la chanson), un peu de salive, ma queue. Elle, ma queue, aime bien se sentir à l’étroit, c’est sanguin, le sperme emplit mieux ma cavité …, c’est l’impression que ça me fait en tout cas (je me suis mis quelques articles sur le sperme en favori. Il est maintenant 2h11, mes yeux fatiguent, ils passent tellement de temps devant un écran, c’est fou.) Je suis connecté sur Facebook en même temps, j’ai cliqué sur le profil d’une ex, J., quand je vois son visage, celui qu’elle a mis sur son avatar, je repense immanquablement au visage qu’elle avait après lui avoir bouffé sa belle chatte pendant quelques minutes, tout détendu son visage, toute douce sa voix, tout tendre ses caresses sur mes pectoraux. Elle m’avait branlé juste après, je crois qu’elle fait partie de ces femmes qui n’aiment pas faire des fellations – à moins que ce ne soit le traitement classique pour les coups d’un soir, qui sait ? -, pourtant je la lui avait sortie, belle & bien dressée devant ses yeux couleur bleu/vert, elle l’avait un peu regardé, mais elle ne l’avait pas impressionné, mais quand même, j’ai trouvé qu’elle manquait de correction : mesdemoiselles, quand un homme vous présente sa queue, comme ça, noblement, la moindre des choses est d’y faire une bise, oui – un peu de savoir vivre ! On s’était revue une deuxième (et dernière) fois, chez elle, elle cuisinait des pâtes (pas top) dans une robe rouge qui moulait parfaitement son superbe cul. Tout en elle, de ce que j’ai pu voir, était beau : elle avait une vraie sensibilité, une intelligence normale, un instinct de soumise absolument magnifique, J. c’est une insatisfaite, une femme que sa beauté cloisonne pour être au monde, tous regards vers elle convergent mais elle ne récupère nulle vie par eux, juste… elle se sait belle (c’est déjà bien, oui, mais l’essentiel n’est pas là, sauf pour une femme violée, là, l’apparence, la vraie apparence, suffit amplement à rassurer, à rasséréner l’âme détruite, mieux que du maquillage, c’est une enveloppe spirituelle – Beau = Esprit – qui englobe l’existence du corps). Mais J. ne m’a jamais semblé qu’elle était une femme violée, non, juste une femme en quête d’un amour qui puisse la transcender, la faire, peut-être ?, s’évader hors de cette coquille (la même que celle d’M.) que j’ai appelé « se savoir belle ». Ce sentiment là, en la présence d’une femme, de se dire que sa beauté la ferme à elle-même, je ne l’ai pas toujours. Je côtoie plusieurs femmes qui sont belles, et s’épanouissent ainsi (enfin, comme tout humain, elles tentent de s’épanouir), mais jamais cette impression, ‘fin, je voulais écrire rarement cette impression, alors voilà, c’est fait ; mais rarement cette impression ne me vient quand je les vois. J’ai plusieurs regard, quand je regarde une femme, le premier qui me vient spontanément, bien que ce ne soit pas celui que je préfère, est celui du prédateur, je regarde une femme, droit dans les yeux (c’est risqué d’être un prédateur de cette façon, on ne sait pas qui est l’autre) en désirant la percer à jour. C’est idiot, hein, vous savez de faire ça, ça ne marche quasiment jamais, sauf quand c’est une femme qui vous est soumise, alors là, non seulement vous connaissez ses faiblesses, mais en plus de ça, vous vous êtes projetés en elles pour la faire rôtir à vos sévices, à vous, et alors, vous jouissez, par auto-érotisme projetés, de vous faire du mal à vous-même ! (Quelle superbe perversion, ain’t it?)