moebius-giraud

Mœbius, 1981

Publicités

Une vie…

Sensation de vivre
Intensités libérées
Une des raisons
D’une passion de rimer

Vivre en scred
Vivre tranquille
Le funambuliste
Entre deux de mes cimes
L’une, celle de la pensée
L’autre, celle de ma synesthésie
Tenir l’équilibre c’est la danse de la sanité
Le rompre est l’angoisse, encore effet de la pensée

Non pas freaks ni handi
Être humain non-cartographié
On a voulu que je sache ce que mon corps avait déjà dépassé
Le chemin est plus vivant si on est l’ami des plus belles folies
Se limiter à ses parents c’est un peu rater sa vie
Mais \ se viser soi \ et ce intensivement
N’est pas étrange pour qui sait être le grand vivant qu’il est déjà

Justice de la nature
En faire sa puissance
Là est la justesse de l’être humain
Aussi la cause de ses absences
Laisser ses forces d’individus
Camisoler par une civilisation
C’est laisser perdre ce noyau de soi qui saura rire de l’air du temps

Je me situe
Béquille dans l’instabilité
Slalomant quadrupède dément
Aimant à chaos et aimant le talent
Quadripède chaotique et béquilleur artiste

Trips mystiques m’ont fait comprendre en quel sens le corps est premier de l’esprit
En effet, pour celui-ci tout départ est un principe
Qui par nature répète une naissance

Une vie… (écho, vers le silence)

L’indéterminé et l’intensif

Ce qu’il y a de divin dans un être humain c’est la part d’indéterminée, d’inconnue, d’indéfinie. A qui apprend de le comprendre s’ouvre alors les portes secrètes de son désir, et en sortent libérés ses Djinns, ses Anges, ses dragons, ses félins, ses femmes, ses hommes (ses et cætera ses n+1). des idées à venir, saisissables dans un état où le temps est inassigné : ce n’est pas le triangle, l’eau ou la plante de demain ou d’hier, c’est l’intensité du triangle, de l’eau ou de la plante, l’intensité qui vogue transversalement entre les diverses strates temporelles de « notre » être ; non pas la conjugaison d’un verbe que l’on attribue à quelque chose tout en demeurant à l’abri de l’attribution, mais l’implication de « soi » dans l’attribution, et le choix du verbe en fonction de la perception de l’écoulement du temps (perception de laquelle on déduit le temps -passé, présent ou future-).

Au corps de squelette et de muscles, vision affinée-doublée d’yeux grands refermés sur soi ; je suis un cadavre-en-vie, mais ne m’écris jamais « Cerveau ! » comme dans les films ; mon passé comme l’image du père, zombie que digèrent mes sucs et mes synapses, et hormis la part de l’excrément tout métabolise  : plus que tout j’aime ce qu’il y a de femmes en moi

Inspiration divine ! Inspiration divine d’un athée « infirme » !
Avoir un corps vivant et l’avoir pensé en profondeur
Et quel, enfant soumis à la Tradition
Me voudra mort ou me voudra inexistant,
De ce que j’existe tant, monstrant à lui/elle
L’illusion ou l’aveuglement de son intellection ?

Les expériences de la mort, de la santé, de la foi forment un vivre-nexus

Si on se sent mourir la vie se détache du corps ; alors ce qui se présente dans la conscience, et qui nous élance/dirige à nous rattacher à soi c’est la santé. Quel est son critère ?

Pour qui a vécu cela ça ne fait aucun doute : c’est la nouveauté, le sentiment indubitable d’une nouveauté – éternelle & sans médiation – à l’œuvre. La santé ne se fait jamais si bien sentir (connaître & percevoir) que lors de l’imminence de la mort, – et que celle-ci s’offre à l’individu qui choisit de ne pas s’y installer. Peut-être alors est-ce cela que la foi car choisir de vivre, c.à.d. choisir de continuer à être existant, demande de ne pas savoir ce qui sera vécu mais de le vouloir pour cela même… Comme si, dans la foi en la vie, Dieu Lui-même n’était pas nécessaire…

la danse d’un corps pensant

Ton corps est capable de danse, intense présence qui enlève la douleur quant celle-ci t’élances. tu es en voyage comme un mat marchant avec tes souffrances à la recherche de ce que manifeste ta présence. tu es là déjà, la joie d’exister jaillissant de toi. oublie les regards des idiots qui n’ont pas conscience d’être là. lâche tout, redevient nu.e, défais-toi de ce que tu es ta race, ton groupe, ta société ne sont que des erreurs dans lesquelles il ne te faut pas tomber. se perdre en eux car tu n’as pas su danser. déposséder de toi par des futilités.

alors danse suivant le rythme de ta présence — à la pointe du mouvement se trouve ce que tu es — retrouve toi seul, comme le rap rocé — découvre par l’agir les pourquois de ta naissance — trouve à nouveau ton aisance essence intarissable accent mirobolant   de ton équarrité

accent—agir—pire—rire ; rareté éternelle d’un puissant devenir

ouïr—myrrhe—jouir—luire ; litanie multiple d’une présence dans la mire

occire—l’or—lourd—l’art ; larve est la plume qui ne pond point de larmes

au-delà—ourve—louve—quart ; tantrisme retardé par un mouvement de carmes/cadres

joie—loi—ça—toi ; le soi se libère quand il quitte la soie

corde—rythme—bois—l’homme ; avalanche de femmes et d’hommes au-devant-dedans de l’enfant

pied—terre—force—pair ; quant le quatuor est là c’est que t’es arrivé.e

donc ton voyage commencE…

creuse ta terre

Chaque être vivant est un monde dans les rencontres rares sont les moments où les mondes se croisent. Parfois on se rencontre à tel ou tel endroit ponctuellement. Et certain.e.s se hantent d’avoir crus que les points de vue n’étaient pas les mêmes pour tous les bords. Pensant que notre âme est proche de celui.celle avec le.laquelle on partage notre moment la séparation nous fait mal, et plus d’autant si la fusion fut intense.

Mais une rencontre a-t-elle seulement été faite ? — Oui sans doute. L’instant de la rencontre a touché une part si profondintésement vivante que la vie intérieure s’en trouve marquée à vi-e|f. L’âme s’est touchée elle-même comme quand on touche le corps d’un.e autre et qu’on s’imagine redécouvrir le sien emporté par la mer du ressenti. Quand donc les mondes se rejoindront-ils entièrement ? quand voyagera la pensée à la vitesse de la lumière à travers l’espace ? quand l’âme aura-t-elle remontée jusqu’à la profondeur de ses racines ?

 

Nous venons tou.te.s de la terre ; nous sortons d’elle mais ne quittons jamais, réellement, son giron

Certains creusent avec les ongles,
d’autres avec les dents,
d’autres avec le sexe,
d’autres avec la cervelle,
d’autres avec la pelle

Toi, avec quoi creuses-tu ?

Fragments d’autobiographie #1

Toutes ces femmes éthiopiennes m’ont émerveillé. Elles étaient toutes ouvertes, tout leur visage montrait la brillance de leur âme, d’une façon si fine, et si féminine – quelle beauté ! Ils exprimaient tant de choses, tant de richesses, et de noblesse !

Ces visages-là me donnèrent envie d’écrire, de crier ma joie, toute ma joie à la face livide du monde. Elles me donnèrent la conviction de faire savoir, à ce cadavre qui agonise lentement, que ma joie, « elle », est sans fin et qu’elle a pris la résolution de ne plus se laisser recroqueviller, se faire rapetisser, étouffer – MOURIR ! voilà qui lui est impossible ; et qui prétend le contraire est le hochet de la bêtise ; est la proie de l’animal dressé par la faim.

Et ces racines, ces labyrinthes, ces dédales paradoxaux, tout, tout, tout cela ne provient-il pas de la suprême joie d’être en vie – de vivre veux-je dire, tu vois ?

Mais de quelles bêtises n’ai-je pas été capable ? A quel point ne me suis-je pas menti ?, mutilé ?, mortifié ? Durant toute ma putain d’enfance, ma putain d’adolescence, putain d’merde ! Si je ne fournis pas d’effort je sombre dans un profond dégoût en me remémorant tout cela. Et j’aurais tort de m’arrêter à l’apparence que m’offre ces négations de soi, elle m’écarte de percevoir la majestueuse probité qui est à l’œuvre. Car ces mutilations et ces mortifications ne les ai-je pas exprimées, telles quelles et sans détours, pas tout le temps certes mais un grand nombre de fois et en de nombreuses occasions ? Je n’ai jamais feint d’être heureux et en joie quand j’étais d’humeur à m’estropier. Tous ces verres, tous ces joints, toutes ces inepties – j’ai dit oui à cela car je pouvais exprimer mon authenticité : mes souffrances, mes façons d’être débiles, mes trop nombreuses façons de méconnaître ma vie (je veux dire par la seule façon qu’elle a de se présenter à moi). Oui c’est vrai aussi, j’ai menti, mais de façon ponctuelle seulement ; et que mes mensonges n’aient tenu que peu de temps, je le dois à l’une de mes plus insupportable vertu. Les mensonges, comme autant de châteaux de sable, étaient littéralement liquéfiés A CHAQUE FOIS que la mer démontée de ma vie intérieure se refermait sur moi… comme si je ne ressentais pas au centuples les vibrations… – un « Achille de l’existence » ne choisirait jamais de supporter cela, seul un inconscient le voudrait ; et il faut l’être pour délibérément choisir de rester dans la vie en sachant que l’on devra vivre cette insupportable intensité un nombre indéfini de fois et en des moments impromptus.

Hé ! voilà la vie la meilleure. On est assuré de voyager. De vivre de différentes façons.

J’ai toujours eu l’intuition de cela ; ce qui m’avait manqué c’était la confiance en moi pour croire en cela et m’y appuyer – pour vivre de cela. Ô quel filon ! : fontaine de jouvence, enfant doré (– peut-être es-tu de ceux qui croit que les mystiques inventent des choses au-delà de la nature ?)