L’indéterminé et l’intensif

Ce qu’il y a de divin dans un être humain c’est la part d’indéterminée, d’inconnue, d’indéfinie. A qui apprend de le comprendre s’ouvre alors les portes secrètes de son désir, et en sortent libérés ses Djinns, ses Anges, ses dragons, ses félins, ses femmes, ses hommes (ses et cætera ses n+1). des idées à venir, saisissables dans un état où le temps est inassigné : ce n’est pas le triangle, l’eau ou la plante de demain ou d’hier, c’est l’intensité du triangle, de l’eau ou de la plante, l’intensité qui vogue transversalement entre les diverses strates temporelles de « notre » être ; non pas la conjugaison d’un verbe que l’on attribue à quelque chose tout en demeurant à l’abri de l’attribution, mais l’implication de « soi » dans l’attribution, et le choix du verbe en fonction de la perception de l’écoulement du temps (perception de laquelle on déduit le temps -passé, présent ou future-).

Au corps de squelette et de muscles, vision affinée-doublée d’yeux grands refermés sur soi ; je suis un cadavre-en-vie, mais ne m’écris jamais « Cerveau ! » comme dans les films ; mon passé comme l’image du père, zombie que digèrent mes sucs et mes synapses, et hormis la part de l’excrément tout métabolise  : plus que tout j’aime ce qu’il y a de femmes en moi

Inspiration divine ! Inspiration divine d’un athée « infirme » !
Avoir un corps vivant et l’avoir pensé en profondeur
Et quel, enfant soumis à la Tradition
Me voudra mort ou me voudra inexistant,
De ce que j’existe tant, monstrant à lui/elle
L’illusion ou l’aveuglement de son intellection ?

Publicités

Les expériences de la mort, de la santé, de la foi forment un vivre-nexus

Si on se sent mourir la vie se détache du corps ; alors ce qui se présente dans la conscience, et qui nous élance/dirige à nous rattacher à soi c’est la santé. Quel est son critère ?

Pour qui a vécu cela ça ne fait aucun doute : c’est la nouveauté, le sentiment indubitable d’une nouveauté – éternelle & sans médiation – à l’œuvre. La santé ne se fait jamais si bien sentir (connaître & percevoir) que lors de l’imminence de la mort, – et que celle-ci s’offre à l’individu qui choisit de ne pas s’y installer. Peut-être alors est-ce cela que la foi car choisir de vivre, c.à.d. choisir de continuer à être existant, demande de ne pas savoir ce qui sera vécu mais de le vouloir pour cela même… Comme si, dans la foi en la vie, Dieu Lui-même n’était pas nécessaire…

L’ami et la mort

C’est l’ami qui est le signe que la mort et la souffrance ne sont pas les chemins finaux de l’existant, dans la tentation que ceux-ci lui offre, dans la mesure où un horizon dont le seul paysage serait la mort ne saurait permettre à l’existant d’envisager autre chose que cette dernière.

C’est par l’empressement à faire lien avec l’ami que le souffrant montre avec le plus de clarté son besoin de l’ami.

Non pas que l’ami soit là pour combler un manque, un vide — il est là pour que l’esprit soit occupé à penser à autre chose qu’à sa propre mort. En effet, l’esprit est un corps qui ne se vit pas comme une matière mais qui n’en a pas moins, comme elle, la faculté de mourir.

S’occuper l’esprit, faire en sorte qu’il sorte du cercle vicieux qui se trouve au-dessus de la mort (vue comme un précipice dans lequel, fatalement, chacun doit tomber). Le terme de cela étant ce qui est réservé à la discrétion de chacun, ou à celui du hasard.

Et c’est en réaction par rapport à cette mort que s’affirme, en se faisant plus tranchante plus vive la volonté de vivre : elle est a posteriori.

écriture éthylique

Raide défoncé. Enfin, pas tant en vrai, mais quand même bien, oaius ! J’me calle devant l’ordi, je lance un SoundCloud avec des instru de 2Pac, ça glisse tout seul ; une envie d’écrire, trop défoncé pour sortir une feuille et un stylo (la flemme tout ça). Aucune idée en tête, c’est ça l’pire, se mettre à écrire sans qu’on ait rien à dire, même pas que la vanne expressive s’ouvre ; telle une coquille vide attendant qu’on vienne me briser – mais par qui, par quoi ? Rien ne se passe, ici, ou ailleurs, rien. – J’écris avec ma chatte qui dort sur mes genoux, remue sa queue, etc. Je relis d’un œil fatigué ces quelques lignes que tu viens de lire, je lis ça comme, je ne change rien, ‘fin si, un peu la ponctuation, en passant, vite fait. C’est dingue combien je n’ai jamais autant écrit en lisant que dernièrement, – je me rattrape on dirait ! Je souligne, j’entoure, j’écris mes commentaires de lecteurs en marge du texte, etc. Tout ça n’est pas très intéressant – mais j’ai averti, hein ! que j’n’avais pas d’idée et pas de création quand j’ai décidé d’écrire, à l’instant -, mais c’n’est pas grave, l’essentiel est de n’avoir rien à viser en écrivant, et d’s’y t’nir (on dirait une langue ancienne, tu ne trouves pas ?). Je me prépare un épisode de Breaking Bad pour juste après, saison 5 épisode 11, un épisode où W.W. aka Heisenberg va faire des révélations à Jesse Pinkman sur la nature de leur relation, sur son cancer, sur la méthamphétamine, sur pourquoi le ciel est bleu et la couleur du sable qui les entoure est dominante chaude, etc. Il va lui dire, bien en face, qu’il a fait ça « pour sa famille », qu’il a fait ça « pour l’argent », mais qu’au fond, il « regrette », il sait qu’il « ira en Enfer », et bla et bla et bla (comme dirait N. ; N. c’est une fille sympathique, qui dit c’qu’elle pense, franc jeu, hein, elle y va sec, tant pis si ça blesse, une vraie enculeuse-née c’te meuf !) En pensant à elle, comme ça, par glissement, je pense à M., elle, qui, ben, euh… y a rien à dire, un fantôme dans une shell, une sorte de Major Kusanagi, mais sans les améliorations et l’appétence pour la baston, mais en ce qui me concerne, la même envie de lui limer l’anus proprement, en commençant par y mettre « un doigt… puis deux… puis trois » (comme dit la chanson), un peu de salive, ma queue. Elle, ma queue, aime bien se sentir à l’étroit, c’est sanguin, le sperme emplit mieux ma cavité …, c’est l’impression que ça me fait en tout cas (je me suis mis quelques articles sur le sperme en favori. Il est maintenant 2h11, mes yeux fatiguent, ils passent tellement de temps devant un écran, c’est fou.) Je suis connecté sur Facebook en même temps, j’ai cliqué sur le profil d’une ex, J., quand je vois son visage, celui qu’elle a mis sur son avatar, je repense immanquablement au visage qu’elle avait après lui avoir bouffé sa belle chatte pendant quelques minutes, tout détendu son visage, toute douce sa voix, tout tendre ses caresses sur mes pectoraux. Elle m’avait branlé juste après, je crois qu’elle fait partie de ces femmes qui n’aiment pas faire des fellations – à moins que ce ne soit le traitement classique pour les coups d’un soir, qui sait ? -, pourtant je la lui avait sortie, belle & bien dressée devant ses yeux couleur bleu/vert, elle l’avait un peu regardé, mais elle ne l’avait pas impressionné, mais quand même, j’ai trouvé qu’elle manquait de correction : mesdemoiselles, quand un homme vous présente sa queue, comme ça, noblement, la moindre des choses est d’y faire une bise, oui – un peu de savoir vivre ! On s’était revue une deuxième (et dernière) fois, chez elle, elle cuisinait des pâtes (pas top) dans une robe rouge qui moulait parfaitement son superbe cul. Tout en elle, de ce que j’ai pu voir, était beau : elle avait une vraie sensibilité, une intelligence normale, un instinct de soumise absolument magnifique, J. c’est une insatisfaite, une femme que sa beauté cloisonne pour être au monde, tous regards vers elle convergent mais elle ne récupère nulle vie par eux, juste… elle se sait belle (c’est déjà bien, oui, mais l’essentiel n’est pas là, sauf pour une femme violée, là, l’apparence, la vraie apparence, suffit amplement à rassurer, à rasséréner l’âme détruite, mieux que du maquillage, c’est une enveloppe spirituelle – Beau = Esprit – qui englobe l’existence du corps). Mais J. ne m’a jamais semblé qu’elle était une femme violée, non, juste une femme en quête d’un amour qui puisse la transcender, la faire, peut-être ?, s’évader hors de cette coquille (la même que celle d’M.) que j’ai appelé « se savoir belle ». Ce sentiment là, en la présence d’une femme, de se dire que sa beauté la ferme à elle-même, je ne l’ai pas toujours. Je côtoie plusieurs femmes qui sont belles, et s’épanouissent ainsi (enfin, comme tout humain, elles tentent de s’épanouir), mais jamais cette impression, ‘fin, je voulais écrire rarement cette impression, alors voilà, c’est fait ; mais rarement cette impression ne me vient quand je les vois. J’ai plusieurs regard, quand je regarde une femme, le premier qui me vient spontanément, bien que ce ne soit pas celui que je préfère, est celui du prédateur, je regarde une femme, droit dans les yeux (c’est risqué d’être un prédateur de cette façon, on ne sait pas qui est l’autre) en désirant la percer à jour. C’est idiot, hein, vous savez de faire ça, ça ne marche quasiment jamais, sauf quand c’est une femme qui vous est soumise, alors là, non seulement vous connaissez ses faiblesses, mais en plus de ça, vous vous êtes projetés en elles pour la faire rôtir à vos sévices, à vous, et alors, vous jouissez, par auto-érotisme projetés, de vous faire du mal à vous-même ! (Quelle superbe perversion, ain’t it?)

L’esprit vu par le corps

Le corporel (s’)exprime toutes les dimensions qu’il construit sous le mode du spirituel – l’esprit ! C’est la présence atmosphérique – présence-Image – du corps à l’esprit, à la façon de l’esprit. La façon qu’a de se modifier ce rapport à cette présence-Image – à savoir les divers intensités, les divers façons qu’a l’esprit de se paysager, les divers objets de pensées, les divers façons d’imaginer, les divers façons de se souvenir, et encore bien d’autres choses – est ce que l’on appelle le flux de l’esprit, c.à.d. l’expression du corps vécu – représenté – sous le mode de l’esprit.

Pour reformuler autrement : le corps n’est jamais neutre relativement aux différentes séries qu’il traverse (intensités, paysages, objets de pensées, etc.), en effet, la traversée ne peut être autre chose qu’un devenir ; et le corps, il n’est pas possible qu’il ne passe pas par différentes séries, et, bien sûr, que chacune de ces différentes séries, en elles-mêmes, n’évoluent pas : il est impossible d’appeler « humain » un individu qui ne voit pas ses pensées évoluer avec le temps, un individu qui n’est pas traversé de nouvelles intensités, ou les anciennes, qu’il n’arrive pas à tisser de nouveaux rapports avec elles. Par conséquent, la catégorie ontologique n’est pas celle de « être » mais bien celle de « devenir », car tout ce que l’on dit et que l’on reconnaît comme « exister » il faut avant toute chose qu’on reconnaisse que : devenir est ce qui rend possible de re-connaître le contenu concret de l’être, car sans le devenir il n’y aurait que de l’être, et toutes choses seraient figées, et dans le monde et dans l’intériorité – et tout ne serait donc que néant, car sans distance il n’y a ni présence, ni images, ni rien d’autre. Il est bien sûr possible d’illusionner la catégorie de « être » comme étant la première catégorie ontologique, mais il semble alors que l’on se laisse aller à une sorte de méditation qui ne prends pas appui sur quelque chose de concret – le corporel –, mais bien sur quelque chose de subtil – le spirituel – : et alors, l’esprit devient, en quelque sorte, « imbu » de lui-même, car, en se retournant vers lui au moyen de lui-même, et suivant sa propre mesure, il ne fait jamais que retrouver ce par quoi il a pu commencer à penser, à savoir lui-même (détaché de toutes les choses du monde) : et alors, la tentation est grande qu’il « enfle », c.à.d. qu’il se rende incapable d’accorder une valeur à d’autres choses qui ne sont pas, ou alors bien difficilement, aussi subtil que lui. Car il reste, malgré tout ce qu’on lui a fait subir depuis que l’homme pense-par-écrit, le plus subtil… En quelque sorte, l’esprit est donc bien emprisonné par le corps, ou plutôt devrait-on dire qu’il est absolument au service du corps : l’enjeu de la philosophie est donc bien, non pas d’apprendre à l’esprit de tendre à ne se reconnaître que dans les événements du monde, mais bien plutôt, à apprendre à l’esprit qu’il n’est là que pour remplir une fonction toute différente de celle à laquelle il se croît appartenir (connaître, connaître Dieu).

Et c’est à ce point précis que les choses prennent un jour nouveau, promettent un avenir très différent de ce que l’on a appris à penser par automatisme (habitude et répétition) : on vit sans savoir ce qu’est la fonction de l’esprit [1]… Sur ce point d’achoppement précis, les doctrines, les pensées philosophiques, les systèmes religieux donnent un panel de réponses infini – ce que nous pouvons comprendre comme une preuve, qu’au fond, l’esprit garde tout son mystère… Ce dont on ne peut néanmoins douter est qu’il y a bien une fonction qui est remplie car, ce dont nous ne pouvons encore moins douter c’est bien que l’esprit fonctionne : au fond, que l’esprit est vivant – oui ?

[1] Il suffit de douter réellement sur ce que l’on considère comme une connaissance acquise pour, immédiatement, se retrouver nez-à-nez avec l’inconnu – le réel !

quelques mots maladroits, – une pensée naissante ?

C’est quand on arrive à voir une idée en quatre dimensions que l’on arrive à percevoir les mouvements infimes du voilement et du dévoilement de la vérité. C’est son charme.

Ce mouvement de voilement-dévoilement peut nous plonger dans un tourbillon, – de la tristesse peut émaner. Mais, ne pas se contenter de la tristesse.

*

regarde le monde devant toi que vois-tu des mouvements des courants la réalité c’est le perpétuel mouvement jamais rien n’est identique tout coule suivant son rythme propre les conflits entre humains proviennent de ce que les divers rythmes qui les constituent et les traversent ne sont point en harmonie les uns avec les autres la chose qui demande le plus de lâcher-prise – be water, my friend – sur ses ressentis c’est de vivre qu’est-ce que veut dire vivre incarner le courant qui est en train de nous traverser

*

Le problème n’est certainement pas que la vie n’ait pas de sens. Ce qui pose problème c’est le fait de ressentir ce fait comme un problème. D’ailleurs, où est la justice de ressentir le non-sens de la vie comme un problème… ne serait-ce pas plutôt une bonne nouvelle ?

On prend si vite l’habitude de maudire une vague lorsqu’on n’a pas réussi à la « chevaucher »… où est la justice dans cela ? La justice émane du fait, elle est sa continuation naturelle simple directe. Quand on ne réussit pas à faire quelque chose c’est simplement parce qu’il manquait des « éléments », de la détermination, de l’ardeur à la tâche, tous ces ingrédients qui font la confiance en soi, l’agissement de ses capacités. Agir ses capacités c’est arriver à mettre en forme, à l’extérieur de nous même, mais, à partir de l’intérieur, nos forces de vivre, d’expansion. Les moments durant lesquels nous faisons ce que nous portions profondément en nous ne contiennent pas des moments de vérité qualitativement plus « importants » que les autres – car tout moment est vérité, quoi que nous voulons penser d’eux : la vie se contrefout de ce qu’on pense d’elle, elle précède toujours les mots car elle est leur terre : les mots ne sont jamais que vie enfermée, comment alors décrire la vie ? Sachons plutôt apprécier son silence –– ce sont juste des moments pendant lesquels la vie revêt l’aspect de notre singularité. L’enchaînement linéaire des mots est trompeur, il n’y a pas d’ordre dans l’apparition des choses, elles apparaissent toutes en même temps – : on est en train d’être.

Que le silence se fasse et que la reconnaissance de l’invisibilité de la vie soit.

Le « saut de la foi »

Exister requiert à certains « moments clés » de faire des sauts dans l’inconnu. Il faut parier que l’on retombera sur un sol meuble : il faut parier dans l’instant de la propulsion, qui est l’« instant » de l’ouverture des possibilités au sein du temps, qui est la transformation du rapport que l’on entretient réellement avec le temps – voilà le kairos !

théophanie

Dans notre être est révélé que nous sommes fondamentalement corps, c’est cela que la théophanie. — Combien de fois n’ai-je pas ressenti une onde de choc dans mon corps, qui venait me révéler ce que l’esprit seul ne peut pas percevoir ? L’esprit est corps, est capable d’un nombre indéfini de paysages… – toutes ces évidences sont recouvertes par l’accoutumance qu’a l’esprit envers lui-même. En réelité, l’esprit pense au-dessus d’un ravin ; depuis son fond jaillissent « voix » étrangement familière – le corps.