je suis … (texte en cours d’écriture)

JE SUIS UN GÉNIE, UN HANDICAPÉ, UN HOMME FAIBLE, UN HOMME PUISSANT ; JE SUIS LA SOMME DE MES RÉUSSITES MOINS CELLES DE MES ÉCHECS – JE TUTOIE DONC LE TROU NOIR MATRICIEL D’OÙ ÉMANE LA CRÉATION – ; JE SUIS UN SADIQUE, JE SUIS UN DOMINANT QUI SAIT SE DONNER À L’AMOUR D’UNE FEMME, JE SUIS AUSSI UNE FEMME, JE SAIS AIMER LA PUISSANCE D’UNE FEMME ; JE SUIS UN PHILOSOPHE, JE SUIS UN POÈTE, JE SUIS UN ARTISTE, JE SUIS UN BÉQUILLEUR ; JE SUIS UN SOUFFRANT, ET AUSSI UN ENFANT – JE SUIS DONC UN PHÉNIX RENAISSANT DE SES CENDRES – ; JE SUIS DÉJÀ MORT, JE SUIS DEPUIS TOUJOURS FOU, DEPUIS TOUJOURS JE SUIS FOU DE VIVRE, JE SUIS UN HUMAIN RIEUR ET J’AI AUSSI PEUR DE MOURIR DEMAIN – je pleure quand j’écris ceci – ; JE SUIS UN PSYCHOTIQUE, JE SUIS UN INCONTINENT CONTENT DE PISSER POUR RIEN, JE SUIS HÉTÉROFLEXIBLE PARCE QUE LES HOMMES LE VALENT BIEN ; JE SUIS MA GRAND-MÈRE, MON GRAND-PÈRE, MA SŒUR, MA MÈRE, MON PÈRE, MES COUSIN.E.S ; JE SUIS LES FEMMES QUE J’AI AIMÉS, QUE J’AI FAIT SOUFFRIR, JOUIR ET FUIR ; JE SUIS UN CON, JE SUIS BRUTAL, TROP RAPIDE, PAS ASSEZ HUMIDE DANS LA CONVERSATION – MAIS TOUJOURS JE SUIS TEL LE ROSEAU ET FLUIDE COMME LE VENT & L’EAU – ; JE SUIS BRUCE LEE, HENRY MILLER, FRIEDRICH NIETZSCHE & GILLES DELEUZE, MAIS AUSSI HERMANN HESSE, FRIDA KAHLO ET TOUTES LES FEMMES ENCEINTES ; JE SUIS UN PENSEUR, UN FANTASMEUR, UN RÊVEUR ; JE SUIS UN RAPPEUR, UN POÈTE, UN FOUETTEUR…
JE SUIS UN FRUSTRÉ, UNE PLAIE PURULENTE, UNE PEAU DÉCHARNÉE, UN CORPS DÉSARTICULÉ, JE SUIS UNE COLONNE VERTÉBRALE MEXICAINE ; JE SUIS UNE CHATTE QUI NE CESSE DE SAIGNER, NON PAR SES RÈGLES MAIS PAR SES NATALITÉS ; JE SUIS UN MONSTRE, TROP RÉEL POUR ÊTRE MIS EN IDÉES ; JE SUIS SANS ÂGE, TROP ENFANT ET TROP VIEUX EN MÊME TEMPS ; JE SUIS UN INFIRME, JE NE CESSE DE RIRE MOU, DE MOURIR ET DE RENAÎTRE ; JE SUIS LES VIBRATIONS DE MON ESPRIT, JE SUIS VITESSE ET LENTEUR, FRAGILITÉ & RELANCEMENT ; en tant que je puis le canalisé, – JE SUIS INDÉTERMINÉ, DÉTERMINÉ À LE DÉMINER DE TOUS LES FAUX SEMBLANTS DE LA BOURGEOISIE ; JE SUIS UN CLOWN, AHURI ET HÉBÉTÉ DEVANT LES PITRERIES DE MES CONTEMPORAINS SANS NEZ ROUGE ; JE SUIS UN BREAKDANCEUR, HAUTES PHASES – UN PHASEUR, THOMAS M’SITUE HORS APESANTEUR ; JE N’AI NI VISAGE FERMÉ, NI VISAGE OUVERT, JE CLIGNOTE TEL ARISTOTE DEVANT LE RICTUS DE MES FRÈRES & SŒURS ; JE SUIS UN SAUVAGE, IVRE DE VIVRE À L’AIR LIBRE ET M’ASPHYXIANT POUR ME CONSTRUIRE UNE CIVILITÉ SURGISSANTE ;

à qui sait lire, une évidence sautera
aux yeux que le plus important n’est pas
d’être tant de choses, ou aucune
mais d’exister en liberté sur une
Terre où la rancune d’exister mul-
tiplie la souffrance de l’infirme…

« tous les sangs sont sains »

Être moi dans tous mouvements
Resss – piration  grosse de mille passions
Osccc – illation   dense – intense-plosion

Léger, le vent m’allège
Éclosent mes graines au Soleil baignées
S’ouvrent dans l’horizon mes plaies
S’y nettoient y mutent en élan moins brisés

L’ombre devient une amie
Solitude projetée, double de l’un
Où rien n’est d’autre qu’un désir de rire
Néant n’est rien – tout résolu dans un élan de vie

Tous [les] cœurs alentours se fondent en un
Même pulsation, tous les sangs sont sains
Tous vibrent d’une même Nature
Grosse de mille dieux

Qui eurent heures de gloires
Dans l’iris qui se dédouble en milliards
Et trilliards aussi les peaux
Le silence de l’esprit, lui, est par-delà le nombre

Désormais tout est fini
L’apocalypse a lu–it
La parole ne souille plus rien
Pure    (étiré à volonté)            vibrance
Dieu-Christ n’a plus passion, souffrance
Pour tirer hors du temps l’humain à sa présence.

(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir
La fission de l’atome précède
La chair qui en fœtus accouche l’esprit
(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir

Tout est présence pure présence trop intense

: langages frontières barrages

Tout s’mélange

: règles lois courbes

Tous étranges

: verbes sujets prédicats

Tous se touchent

: cavités bras têtes
périnée au mètre
rirerirerire      (très vite et vibrant)
joiejoiejoie       (idem)
fêtefêtefête       (idem)

(voix d’éjaculation)

Mèze, 21 septembre 2015

poésie ravivifiante

Je me vois là, faible pour la vie
de ça je n’ai pas de honte
car de cela je ne m’apitoie ;

Tandis que cœur & esprit à l’unisson
Me font arpenter cette dénivellation
un seul regard dans le puits de mes remémorations
et l’espoir je retrouve, en mon sein, en gestation ;

Cette dure route qui paysage mon existence
je la reconnais car déjà je la vécue,
des centaines de fois peut-être
mais qu’importe le nombre,
Car la vie est une table multipliant les multiplications

Car l’existence est une table
Multipliant les multiplications.

En moi, le penseur veut connaître, comprendre & créer
Et le poète veut s’étendre, voir & aimer ;

Le sage est ou dans la cave ou sur le toit
à crier haut ce que l’idiot ne perçoit pas,
Ce que le solitaire, une fois encore,
Se voile de plaisirs en voulant un désert
pour en fuir les oasis

2 avril 2013, BUC du Mirail, 4° étage, aile sud-est, écrit entre 11h et midi

(fragment d’un poème inachevé)

Aussi profonde que puisse être ma haine
Mon amour m’attend toujours au plus haut.
Aussi puissant que soi mes doutes
Mes certitudes sont proches et itou.
Aussi désespérés que me semblent être mes situations
Toujours la promesse des lendemains chantant marche.

Si tant de douleurs habitent mon corps,
Si tant d’inespérances sont les haltes de mes pensées,
Si tant de larmes dans mon âme coulent,
C’est parce que j’existe, voilà tout.

—-

Aussi vide de la sensation d’être qu’on puisse se sentir
Arrive toujours l’épaisseur de vivre.
Aussi chaotique que l’on puisse se sentir
Arrive rarement l’éclair de l’unité.

  1. Dans l’ombre de la nature
    Se trouve l’être de l’ombre
    Autant d’état séparateur
    Entre l’être et le monde.
  2. Une fois de plus la seconde tombe
    Dans un abîme de plomb
    Que rien ne surplombe.
  3. Et ma rime devient une onde qui répercute chaque seconde.
  4. Dans le royaume, une chose règne
    Mais pas la norme car elle est morte
    De l’aléa se créée la chose que la nécessité impose
  5. Alors écoute l’oreille tendue au vent
    Le son est reçu par les sens
    Car l’être est bien en vie
  6. Mais peut-être ne l’as-tu pas en vue
    Peu importe car même quand le regard dévit
    Un regard est toujours de la vie
  7. L’œil touche, pèse, donc ressens
    Et l’image et le poids de l’objet devant soi.
    Le regard conditionne la chose que l’on touche avec les doigts.
    Car le regard n’est jamais que l’effet qu’on créé par la mémoire.

Pleins-d’éros

Tu t’étends sur ton lit découvert
Habillée de ta seule peau
Les jambes écartées, ta vulve écarlate à merci
J’y plonge promène ma langue
Joue avec ton clito’ dur
Te ouïr jouir me donne l’entrain
Je prends du recul j’y reviens !
Mordille tes lèvres pince tes tétons
Tu veux t’extirper de l’étreinte
Tu refuses un désir trop fort pour toi
Mais je t’empresse de t’y ouvrir
en enfournant ma langue
– quel goût tu as… –
à l’intérieur de toi
– … inimitable ! –
Ton corps plein-d’éros aux courbes admirables
Ton âme brûle ta voix est suppliante
Oui nous communierons
Nos sexes roides et élastiques…

pornographie surréaliste

La culotte de J. est tellement mouillée que mon chat se met à la laper comme un bol d’eau fraîche. Elle se caresse devant moi ; lentement ses doigts se promènent, elle s’est tellement abandonnée qu’elle pense caresser son clitoris… Ses doigts ne sentent plus sa peau ses lèvres son vagin ; ils ne font que glisser sur de l’eau ; elle n’est qu’une statue d’eau vive qui stagne au soleil, et ses doigts des pattes qui par magie font ressurgir l’eau de son corps. Elle s’enfonce un doigt dans le cul jusqu’à la paume ses jambes s’écartent de plus belle ; son bassin fait de légers va-et-vient – elle y met un deuxième doigt, puis prépare l’entrée de la main entière en écartant son anus ; son pubis est à la hauteur de mon vit, il vient l’embrasser comme une enfant cueille une grappe de fruit la croque et se voit bénie par le jus frais qu’elle contient.
Moi aussi je ne suis qu’eau, et ma verge cascade de pierre chaude aux éclaboussures de lactose la fait pisser de joie : cascade sur cascade ; cascade sous cascade ; circuit divin, circuit liquide ; boucle sans fin où l’indicible s’immisce…
Je baisse ma verge jusqu’à la sienne, juste assez pour qu’elle s’y excite et que nous en rions.

*

Ses dents étaient blanches et son sourire délicieux ; une haleine excellente que mon sperme lui donnait. J’aimais la voir se liquéfier lorsqu’elle dégustait ma verge toute bandée. Le jus de son con me libérait de mes sensations malsaines. Nous nous entre-dégustions dans le cabinet exigu d’un train.

*

Puis n’en pouvant plus je rentre en elle à toutes forces. Ma verge-cascade devient sonde en épousant les parois serrées de son vagin qui se dilatent plus encore en ne refusant pas le désir. Nos respirations sont réglées l’une sur l’autre ; son anus japonais gicle à gorge déployée ; nous nageons dans un océan de désirs où tous nos organes flottent ; ce cul qu’elle branle est au-dessus de ma verge qui se dresse sur le front de son crâne : je m’en approche pour le sucer, il a le goût d’une paroi vaginale, de ce sexe qui contenta tant de fleuves ; c’est un œil bleu, un œil vert, un œil jaune ; un paresseux, un chat, une colombe ; ce vagin engendré par la sainte cyprine a les bourses plus poilues que les jambes d’un vieil homme.

Jouissons à l’unisson ; l’eau de bouillir ; les cascades de rajeunir ; l’océan de se rendormir

*

Nous parlons, nous nous disons des choses importantes. Il y a des couleurs, des plaines, des couloirs tapissés par nos saignements mémoriels, nos blessures d’existants ; à nouveau des plaines, différentes, pour un peu il y aurait le bruit de la fontaine et la senteur du naissant printemps ; je lui caresse les seins, je lui fait mal au téton ; elle joue avec mon petit sexe souple, je ne ressens rien : elle s’excuse… – nulle morale dans la pression sanguine.

Elle a le cul tout rouge, excité(e), je la fouette avec ma ceinture : elle décharge sur mon lit.

Je lui dis de garder sa respiration, de fermer les yeux, et d’attendre que j’ai fini de compter jusqu’à vingt pour les rouvrir. Elle me dit oui. Je compte, lentement, un chiffre après l’autre… à quinze j’enfonce mon poing dans son cul ; elle décharge sur mon lit.
« J’ai failli mourir étouffée par la jouissance, à ce moment-là. Merci. » … puis elle se jette dans le vide. Atterrie sur mon chibre.
J’ai le sang de ses selles sur mon bras, et des restes mal digérés dans mes ongles. C’est dégueulasse, ça me dégoutte… Mais à ses cris, à ses convulsions, mon amour pour elle devient plus grand ; elle ondine grâce à mes muscles ; elle est à ma merci ; je ne la domine point, ce n’est qu’un bras dans un cul. La jouissance qui la parcoure aussi est mienne réellement ; nous sommes deux, reliés, sans genre, sans je, sans temps : nous jaillissons l’un dans l’autre : une substance se redoublant.
Elle me dit, d’une voix de Lascaux, « Arrête… arrête… » – le sommet de son être est atteint -, sa voix est loin derrière sa bouche, mais elle dit car la vie est contrainte et préservation de soi. Je sors mon bras d’elle, moi aussi je n’en puis plus, nous sommes les mêmes. Bras est oint du parfum de l’intense plaisir, je ne cours pas le laver, je hais les sacrilèges ; je le pose entre elle et moi, comme une tranche entre deux pages.

Jouîmes à l’unisson
Eaux de se rendormirs