écriture éthylique

Raide défoncé. Enfin, pas tant en vrai, mais quand même bien, oaius ! J’me calle devant l’ordi, je lance un SoundCloud avec des instru de 2Pac, ça glisse tout seul ; une envie d’écrire, trop défoncé pour sortir une feuille et un stylo (la flemme tout ça). Aucune idée en tête, c’est ça l’pire, se mettre à écrire sans qu’on ait rien à dire, même pas que la vanne expressive s’ouvre ; telle une coquille vide attendant qu’on vienne me briser – mais par qui, par quoi ? Rien ne se passe, ici, ou ailleurs, rien. – J’écris avec ma chatte qui dort sur mes genoux, remue sa queue, etc. Je relis d’un œil fatigué ces quelques lignes que tu viens de lire, je lis ça comme, je ne change rien, ‘fin si, un peu la ponctuation, en passant, vite fait. C’est dingue combien je n’ai jamais autant écrit en lisant que dernièrement, – je me rattrape on dirait ! Je souligne, j’entoure, j’écris mes commentaires de lecteurs en marge du texte, etc. Tout ça n’est pas très intéressant – mais j’ai averti, hein ! que j’n’avais pas d’idée et pas de création quand j’ai décidé d’écrire, à l’instant -, mais c’n’est pas grave, l’essentiel est de n’avoir rien à viser en écrivant, et d’s’y t’nir (on dirait une langue ancienne, tu ne trouves pas ?). Je me prépare un épisode de Breaking Bad pour juste après, saison 5 épisode 11, un épisode où W.W. aka Heisenberg va faire des révélations à Jesse Pinkman sur la nature de leur relation, sur son cancer, sur la méthamphétamine, sur pourquoi le ciel est bleu et la couleur du sable qui les entoure est dominante chaude, etc. Il va lui dire, bien en face, qu’il a fait ça « pour sa famille », qu’il a fait ça « pour l’argent », mais qu’au fond, il « regrette », il sait qu’il « ira en Enfer », et bla et bla et bla (comme dirait N. ; N. c’est une fille sympathique, qui dit c’qu’elle pense, franc jeu, hein, elle y va sec, tant pis si ça blesse, une vraie enculeuse-née c’te meuf !) En pensant à elle, comme ça, par glissement, je pense à M., elle, qui, ben, euh… y a rien à dire, un fantôme dans une shell, une sorte de Major Kusanagi, mais sans les améliorations et l’appétence pour la baston, mais en ce qui me concerne, la même envie de lui limer l’anus proprement, en commençant par y mettre « un doigt… puis deux… puis trois » (comme dit la chanson), un peu de salive, ma queue. Elle, ma queue, aime bien se sentir à l’étroit, c’est sanguin, le sperme emplit mieux ma cavité …, c’est l’impression que ça me fait en tout cas (je me suis mis quelques articles sur le sperme en favori. Il est maintenant 2h11, mes yeux fatiguent, ils passent tellement de temps devant un écran, c’est fou.) Je suis connecté sur Facebook en même temps, j’ai cliqué sur le profil d’une ex, J., quand je vois son visage, celui qu’elle a mis sur son avatar, je repense immanquablement au visage qu’elle avait après lui avoir bouffé sa belle chatte pendant quelques minutes, tout détendu son visage, toute douce sa voix, tout tendre ses caresses sur mes pectoraux. Elle m’avait branlé juste après, je crois qu’elle fait partie de ces femmes qui n’aiment pas faire des fellations – à moins que ce ne soit le traitement classique pour les coups d’un soir, qui sait ? -, pourtant je la lui avait sortie, belle & bien dressée devant ses yeux couleur bleu/vert, elle l’avait un peu regardé, mais elle ne l’avait pas impressionné, mais quand même, j’ai trouvé qu’elle manquait de correction : mesdemoiselles, quand un homme vous présente sa queue, comme ça, noblement, la moindre des choses est d’y faire une bise, oui – un peu de savoir vivre ! On s’était revue une deuxième (et dernière) fois, chez elle, elle cuisinait des pâtes (pas top) dans une robe rouge qui moulait parfaitement son superbe cul. Tout en elle, de ce que j’ai pu voir, était beau : elle avait une vraie sensibilité, une intelligence normale, un instinct de soumise absolument magnifique, J. c’est une insatisfaite, une femme que sa beauté cloisonne pour être au monde, tous regards vers elle convergent mais elle ne récupère nulle vie par eux, juste… elle se sait belle (c’est déjà bien, oui, mais l’essentiel n’est pas là, sauf pour une femme violée, là, l’apparence, la vraie apparence, suffit amplement à rassurer, à rasséréner l’âme détruite, mieux que du maquillage, c’est une enveloppe spirituelle – Beau = Esprit – qui englobe l’existence du corps). Mais J. ne m’a jamais semblé qu’elle était une femme violée, non, juste une femme en quête d’un amour qui puisse la transcender, la faire, peut-être ?, s’évader hors de cette coquille (la même que celle d’M.) que j’ai appelé « se savoir belle ». Ce sentiment là, en la présence d’une femme, de se dire que sa beauté la ferme à elle-même, je ne l’ai pas toujours. Je côtoie plusieurs femmes qui sont belles, et s’épanouissent ainsi (enfin, comme tout humain, elles tentent de s’épanouir), mais jamais cette impression, ‘fin, je voulais écrire rarement cette impression, alors voilà, c’est fait ; mais rarement cette impression ne me vient quand je les vois. J’ai plusieurs regard, quand je regarde une femme, le premier qui me vient spontanément, bien que ce ne soit pas celui que je préfère, est celui du prédateur, je regarde une femme, droit dans les yeux (c’est risqué d’être un prédateur de cette façon, on ne sait pas qui est l’autre) en désirant la percer à jour. C’est idiot, hein, vous savez de faire ça, ça ne marche quasiment jamais, sauf quand c’est une femme qui vous est soumise, alors là, non seulement vous connaissez ses faiblesses, mais en plus de ça, vous vous êtes projetés en elles pour la faire rôtir à vos sévices, à vous, et alors, vous jouissez, par auto-érotisme projetés, de vous faire du mal à vous-même ! (Quelle superbe perversion, ain’t it?)

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en lisant Sollers

Aussi loin que je me le représente
J’ai toujours pensé que le Sage
Réussissait à unir son Dieu et son démon.
Mais nous, pauvres mortels,
Sommes condamnés à quêter l’un
Quand l’autre nous pend au nez.
Quand l’un nous accable
L’autre nous acclame
Enfin quant un jouit l’autre meurt
Et ceci, éternellement…

Silence nocturne
Vois mes griffes se planter
Vapeurs sans matières
Je fends l’vent
Comme mon crachat touche la Lune
J’tombe dans un silence
L’bruit bourdonne mes oreilles
Mon stylo caresse les feuilles
Âge sans corps de femmes
Largeur d’esprit par incontinence anale ?
Frustre-à-Zion, des-pressions, mise en bière
Anachorète, corps sans peau
tout ça pendant l’enfance
Des kilomètres dans l’myst
Chassés par des bruits d’monstres
Glissement spongieux, un cri,
plus d’respirations
C’est net, marqué, un avant, un après
Pas d’défense, ni d’reflet, sur l’parquet
Un oiseau, un héros, un nombre égal à 0
Un bruit, sans lieu, une tête, sans pieds.

24 avril 2015

Épreuve de la solitude

Au moment où l’âme se retrouve seule, se fait « jour » paradoxal ce qui, sans solitude, ne se dévoile pas plus (hors situation particulière que je ne considère pas ici) que le point si l’on contemple la ligne de haut ; et qui pourtant en est nécessairement la monadique composante. Cette situation existentielle est comprise par les esprits qui méprennent leur propre impuissance de raisonnement pour l’actualisation d’un pouvoir divin en eux : l’épreuve de la solitude.

En quoi est-ce une épreuve ? En ce que cette situation se voit interprétée comme « moment de vérité » : comme moment où la vérité de leur être leur est manifestée en ce que l’âme est affectée par ce sentiment particulier. Ils acceptent ainsi comme vrai, sans peut-être comprendre d’où croissent les racines de ce chemin de pensée, que la solitude est nécessaire (ou du moins possible) au dévoilement de la vérité en tant que celle-ci affecte l’âme. Le Oui, murmurée avec le même fracas et la même banalité que s’échoue sur la plage la vague, les porte ensuite à des conséquences dont eux-mêmes ne peuvent que recueillir la naturelle validité ; en ce que, comme tout croyant véridique, ce qui leur permet de croître le mieux est de croire en la nécessité du principe de causalité (appliquée à la philosophie, ou à la théologie, et encore plus à la croyance populaire en ce que « le cœur énonce la vérité que l’intellect ne peut connaître ») qui devient, pour les plus idiots d’entre eux, dieu lui-même… Mais ce Oui-même, s’il n’était que l’actualisation d’un très ancien schéma, inventée voilà des milliers d’années par les humains en quête de solitude, ou pour se soustraire au regard ou au corps de gêneurs, pour sourdre quelque secret, quelque délire, quelqu’hérésie, quelque refuge – sera-ce encore l’appel du divin que le silence peut accueillir ?

Peu importe l’acquiescement au passé. Car dans le présent la solitude, quoi qu’elle fasse ressurgir à la surface de l’être, que ceci soit interprétée comme « vérité » ou « fausseté » pareillement, impose son interprétation par l’oblitération de quelque chose : le temps.

L’épreuve de la solitude est donc, non pas épreuve du dévoilement de la vérité de l’être à travers l’affection de l’âme, mais : épreuve du dessaisissement des interprétations « psychologiques » au profit d’une affection directe – vivante – du temps.

L’histoire que je vais te raconter est simple. Elle est simple pour qu’à ta façon tu puisses la raconter en y ajoutant ce sel particulier qui fait que tu es qui tu es. Utilise alors ton imagination, ta sensibilité, pour l’orner de ce qui te semble essentiel pour la rendre proche de l’image que tu t’es formé-e d’elle, que cela soit par le moyen de la sensation seule, ou bien de l’imagination mêlée.

Un homme, dans la vingtaine, travaille à son bureau, en écoutant de la musique africaine. Celle-ci accompagne son travail ; le stimule, le porte comme le vent emporte l’esquif voilé. La musique est reproduite par un système duquel, parfois, le travailleur ressent de la gêne. N’écoute-t-il pas des chants simples, portés par une voix et un simple instrument à corde, à l’aide d’un attirail technologique très compliqués ? Mais plus tard, oui plus tard, il se rapprochera de ces choses simples. Oui…

Le même homme, maintenant âgé de la trentaine, les cheveux forts, a fini de travailler. Il est maintenant assis avec un groupe de musicien africain. Il y a là une chanteuse, et un joueur d’instrument à corde. Il a réalisé son rêve, il est venu avec ceux qu’il écoutait jadis, ou dans une vie antérieure, il ne sais même plus vraiment lui.

Il sourit. Tape dans les mains, au rythme – unique – de la voix de la chanteuse et du frottement des cordes.