« tous les sangs sont sains »

Être moi dans tous mouvements
Resss – piration  grosse de mille passions
Osccc – illation   dense – intense-plosion

Léger, le vent m’allège
Éclosent mes graines au Soleil baignées
S’ouvrent dans l’horizon mes plaies
S’y nettoient y mutent en élan moins brisés

L’ombre devient une amie
Solitude projetée, double de l’un
Où rien n’est d’autre qu’un désir de rire
Néant n’est rien – tout résolu dans un élan de vie

Tous [les] cœurs alentours se fondent en un
Même pulsation, tous les sangs sont sains
Tous vibrent d’une même Nature
Grosse de mille dieux

Qui eurent heures de gloires
Dans l’iris qui se dédouble en milliards
Et trilliards aussi les peaux
Le silence de l’esprit, lui, est par-delà le nombre

Désormais tout est fini
L’apocalypse a lu–it
La parole ne souille plus rien
Pure    (étiré à volonté)            vibrance
Dieu-Christ n’a plus passion, souffrance
Pour tirer hors du temps l’humain à sa présence.

(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir
La fission de l’atome précède
La chair qui en fœtus accouche l’esprit
(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir

Tout est présence pure présence trop intense

: langages frontières barrages

Tout s’mélange

: règles lois courbes

Tous étranges

: verbes sujets prédicats

Tous se touchent

: cavités bras têtes
périnée au mètre
rirerirerire      (très vite et vibrant)
joiejoiejoie       (idem)
fêtefêtefête       (idem)

(voix d’éjaculation)

Mèze, 21 septembre 2015

rap sans titre

J’suis un guerrier sans cause
Qui cherche sa bataille
En attendant j’assène des coups d’épée dans l’vent & me noie dans mon spleen

Mes lectures me construisent
M’harmonisent aussi parfois
Mes écrits sont comme un corps que je ne caresse pas

Sans peau en retour
À l’éther ma pensée retourne
Au moins mes cernes maquillent mes yeux, – change mon regard

Tous mes rêves sont absents
Ils obéissent à ma voix
Qui leur a dit d’errer derrière le voile de ma conscience pour me laisser paisible

Mon existence est telle un prisme
Elle réfracte toutes les lumières
Je n’en veux rétracter aucune :
Donc je mesure ce que je porte d’estimable

Tout en moi n’est que tendances à accomplir ma promesse
Le reste, des détails
Que je porte en vitrail
Pour venir décorer mes chiottes

Moins tu me comprends et mieux tu comprendras,
Vieil argument mystique tout rajeuni par mes doigts
Et quand ils dessinent des lettres
C’est pour trouver le concept de l’espèce

Mais ils tremblent forts quand ils retrouvent ce qu’ils perdirent
Que l’indéfini est dans l’humain comme l’est le vide pour l’espace.

Poème sur la foule

Où courir dans la ville
Quand on a besoin d’crier
Le mal-être la tristesse
Pas les laisser nous couler

Faut-il braver l’regard
Se décharger de la colère
Vouloir la sortir de son trou
Sans peur d’paraître fou

Des fois faut lâcher la laisse
Alors la bête peut se délasser
Elle a besoin de murs propres
Qu’elle souillera d’urine
Odeur d’elle-même pour se retrouver

en lisant Sollers

Aussi loin que je me le représente
J’ai toujours pensé que le Sage
Réussissait à unir son Dieu et son démon.
Mais nous, pauvres mortels,
Sommes condamnés à quêter l’un
Quand l’autre nous pend au nez.
Quand l’un nous accable
L’autre nous acclame
Enfin quant un jouit l’autre meurt
Et ceci, éternellement…

Silence nocturne
Vois mes griffes se planter
Vapeurs sans matières
Je fends l’vent
Comme mon crachat touche la Lune
J’tombe dans un silence
L’bruit bourdonne mes oreilles
Mon stylo caresse les feuilles
Âge sans corps de femmes
Largeur d’esprit par incontinence anale ?
Frustre-à-Zion, des-pressions, mise en bière
Anachorète, corps sans peau
tout ça pendant l’enfance
Des kilomètres dans l’myst
Chassés par des bruits d’monstres
Glissement spongieux, un cri,
plus d’respirations
C’est net, marqué, un avant, un après
Pas d’défense, ni d’reflet, sur l’parquet
Un oiseau, un héros, un nombre égal à 0
Un bruit, sans lieu, une tête, sans pieds.

24 avril 2015

Mon âme (à un moment)

Mon âme est comme un précipité de souffrance
Une belle dose de souffre en latence
A la limite une belle danse
Vers un océan sans continent pour repos
La marque du divin sans distance
Une vibration – juste, un électron – plus, une pensée – pousse,
mes désirs à se lancer dans la vie sans patienter.

Mon âme est comme un précipité de souffrance,
Belle dose de souffre
Latence, limite une belle danse
Océan sans repos
La nature est sans distance.

Mon âme un précipité de souffrance
Dose de souffre
Belle danse
Océan où la nature est sans distance.

Mon âme se précipite dans la souffrance
J’en souffre et je danse dans un océan où la nature me baigne sans distance.

Paraskheuê

La flamme est presque éteinte mais je l’attise
Je pose mes tripes en vrac sur ce sample de Bio Hazard
L’émotion est dure à dire, si dure à sortir
Faut aller la chercher, la pêcher de cette mer d’eau salée
Ça commence ça comme, ça sonne comme ces faux départs
Vanne tu fais du slalom : en vrai à chaque avancée ça casse Et tu dois encaisser le silence…
Sa plénitude, sa gratuité, future crise d’angoisse plus l’esprit est « civilisé ».
Le temps de l’enfance est loin comme un saut pour atteindre l’autre rivage
Le temps de l’adulte ressemble à un portrait dont on a fait devenir le visage
L’existence devient plus dense quand l’intensif est mis hors de portée
Conséquence : tu pleures de plus rire à la mort.//

A la mort de l’espoir / après son trouble / correspond /
La retrouvaille d’avec son autre / et la mort du doute//

Pour un instant bref, un peu d’air s’expulse par tes synapses
Prends en un max’ pour supporter les aléas de l’hématome
Prends la forme la plus souple pour onduler dans la tempête
… qui revient sans cesse.

Je recherche la liberté jusque dans mes prisons les plus intimes
Elles portent l’énigme qui me permet de n’y plus plonger
Mes apnées ressemblent à des expériences intérieures
Où je laisse en suspens la possibilité de jamais remonter.

Je pourrais, crever dans mes questions
Abdiquer devant ce poids sans mesure
Désirer ma disparition, m’ disperser.
Vouloir une biture si dure que mes propres viscères deviendraient marbre
Et mon cadavre serait un corps sans âme que décorent les marques.

J’ai envie de crever mais vivre me tente plus

J’ai une vie hardoss, amis avec plein de cas soc’
Tête et corps cassés comme la carrière de Cassius Clay
J’ai rejeté mon corps et l’existence accrochée
À force de chuter j’ai appris à les aimer

J’ai envie de crever mais vivre me tente plus
Si bien que je m’accroche à l’infime espoir de me réaliser.
Mais c’est quoi cette merde, pourquoi je respire,
J’pourrai pas juste arrêter de voir se réaliser le pire
J’espère en l’art, pour que ma colonne puisse se redresser.
J’suis paumé comme un chien dont le maître s’est suicidé
Comme une femme qui traîne un amour qui la torture
Comme un lâche qui porte son ennui avec fortune
Comme un spleen qui traine le long d’une nuit
Pour venir mourir contre un mur de lumière.
Avec une sorte de misère je vie toute ma richesse
J’unifie les contraires, ma torture est amère
Et pue la merde, au sens propre figure-toi
Vas-y j’arrête là, j’te laisse ces empreintes vocales pour que tu t’rappelles d’moi.

Retour à la solitude au solstice d’hiver
Sans père ni frère ni sœur mon corps une plaie ouverte
Allez mater, bande de putains,
Où vocifèrent vos âmes de requins quand elles veulent vous perdre ?
Je parle de vos ombres et pas de vos proches.
Lyrics à l’encre de chine tes yeux s’plissent
Encore plus quand devant toi sur moi j’pisse
Qui veut de l’eau chaude ?
Revenez m’voir dans quatre heures j’en aurai à nouveau.

Ce que j’ai à dire n’emprunte au sourire que sa forme
Est plus proche d’un sourire d’ange
Si tu oses te pencher sur ce trou béant d’étrangeté
Qui t’aspire comme un trou noir sans rien recracher

Jeune volcan

Besoin d’action – plus de besoin d’abstraction
Volcan qui se réveille – c’est volcan qui reste chaud ;
Être humain qui se réveille – c’est tout pareil !
*
Besoin de vérité dans la
Rencontre entre humains – puis agir.
*
Rebâtir
les Fondations (ce qui assieds) l’Horizon (ce qui n’est qu’ouvert)
Retrouver Créer/Fabriquer
les Pprincipes.

Le Principe/l’Un/Dieu
Est un mensonge
Que les grands stylistes vêtent de la vérité :
Ce qui enserre exténue :
en disant, le Dogme, musèle, bride – des-Limites – histoire de l’humain en quête de sa propre mort
Noble suicide pour l’élite
– Jouissance de sa possession –
Qui préfère mourir depuis son œuvre, que trouver celle de tous. Non !, pas des idiots, mais des humains que la tâche impossible de vivre rebute.

Or, l’impossibilité possibilise le nouveau en désirant l’horizon ; la Possibilité impossibilise le nouveau en désirant la fondation.
La tradition ne dit vraie que tant qu’elle mire le passé encore présent en nous ;
L’anarchiste ne dit « vrai » que tant qu’il garde la mire amicalement libre avec le temps :
La création/fabrication ne dit vrai qu’en sachant faire nouveau mélange (du passé) et libre mirage du temps :
Programme libre, non pas plan tout dressé !
*
La mort résout tous les contraires, et la vie les produits à partir d’eux
Si René était né en notre temps, il eut trouvé pour fruit de ses méditations très physiques
que l’Horizon de tout n’est point le point – le cogito – mais l’inépuisable obligation que vivre(-ensemble) est la matrice des principes pour toutes choses à vivre.