L’ami et la mort

C’est l’ami qui est le signe que la mort et la souffrance ne sont pas les chemins finaux de l’existant, dans la tentation que ceux-ci lui offre, dans la mesure où un horizon dont le seul paysage serait la mort ne saurait permettre à l’existant d’envisager autre chose que cette dernière.

C’est par l’empressement à faire lien avec l’ami que le souffrant montre avec le plus de clarté son besoin de l’ami.

Non pas que l’ami soit là pour combler un manque, un vide — il est là pour que l’esprit soit occupé à penser à autre chose qu’à sa propre mort. En effet, l’esprit est un corps qui ne se vit pas comme une matière mais qui n’en a pas moins, comme elle, la faculté de mourir.

S’occuper l’esprit, faire en sorte qu’il sorte du cercle vicieux qui se trouve au-dessus de la mort (vue comme un précipice dans lequel, fatalement, chacun doit tomber). Le terme de cela étant ce qui est réservé à la discrétion de chacun, ou à celui du hasard.

Et c’est en réaction par rapport à cette mort que s’affirme, en se faisant plus tranchante plus vive la volonté de vivre : elle est a posteriori.

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je suis … (texte en cours d’écriture)

à qui sait lire une évidence sautera
aux yeux que le plus important n’est
pas d’être tant de choses ou aucune,
mais d’exister en liberté sur une
Terre… jusqu’à la mort

*

JE SUIS UN GÉNIE, UN HANDICAPÉ, UN HOMME FAIBLE, UN HOMME PUISSANT ; JE SUIS LA SOMME DE MES RÉUSSITES MOINS CELLES DE MES ÉCHECS – JE TUTOIE DONC LE TROU NOIR MATRICIEL D’OÙ ÉMANE LA CRÉATION – ; JE SUIS UN SADIQUE, JE SUIS UN DOMINANT QUI SAIT SE DONNER À L’AMOUR D’UNE FEMME, JE SUIS AUSSI UNE FEMME, JE SAIS AIMER LA PUISSANCE D’UNE FEMME ; JE SUIS UN PHILOSOPHE, JE SUIS UN POÈTE, JE SUIS UN ARTISTE, JE SUIS UN BÉQUILLEUR ; JE SUIS UN SOUFFRANT, ET AUSSI UN ENFANT – JE SUIS DONC UN PHÉNIX RENAISSANT DE SES CENDRES – ; JE SUIS DÉJÀ MORT, JE SUIS DEPUIS TOUJOURS FOU, DEPUIS TOUJOURS JE SUIS FOU DE VIVRE, JE SUIS UN HUMAIN RIEUR ET J’AI AUSSI PEUR DE MOURIR DEMAIN – je pleure quand j’écris ceci – ; JE SUIS UN PSYCHOTIQUE, JE SUIS UN INCONTINENT CONTENT DE PISSER POUR RIEN, JE SUIS HÉTÉROFLEXIBLE (parce qu’ILS le valent bien) ; JE SUIS MA GRAND-MÈRE, MON GRAND-PÈRE, MA SŒUR, MA MÈRE, MON PÈRE, MES COUSIN.E.S ; JE SUIS LES FEMMES QUE J’AI AIMÉS, QUE J’AI FAIT SOUFFRIR, JOUIR ET FUIR ; JE SUIS UN CON, JE SUIS BRUTAL, TROP RAPIDE, PAS ASSEZ HUMIDE DANS LA CONVERSATION – MAIS TOUJOURS JE SUIS TEL LE ROSEAU ET FLUIDE COMME LE VENT & L’EAU – ; JE SUIS BRUCE LEE, HENRY MILLER, FRIEDRICH NIETZSCHE & GILLES DELEUZE, MAIS AUSSI HERMANN HESSE, FRIDA KAHLO ET TOUTES LES FEMMES ENCEINTES ; JE SUIS UN PENSEUR, UN FANTASMEUR, UN RÊVEUR ; JE SUIS UN RAPPEUR, UN POÈTE, UN FOUETTEUR…
JE SUIS UN FRUSTRÉ, UNE PLAIE PURULENTE, UNE PEAU DÉCHARNÉE, UN CORPS DÉSARTICULÉ, JE SUIS UNE COLONNE VERTÉBRALE MEXICAINE ; JE SUIS UNE CHATTE QUI NE CESSE DE SAIGNER, NON PAR SES RÈGLES MAIS PAR SES NATALITÉS ; JE SUIS UN MONSTRE, TROP RÉEL POUR ÊTRE MIS EN IDÉES ; JE SUIS SANS ÂGE, TROP ENFANT ET TROP VIEUX EN MÊME TEMPS ; JE SUIS UN INFIRME, JE NE CESSE DE RIRE MOU, DE MOURIR ET DE RENAÎTRE ; JE SUIS LES VIBRATIONS DE MON ESPRIT, JE SUIS VITESSE ET LENTEUR, FRAGILITÉ & RELANCEMENT ; en tant que je puis le canalisé, – JE SUIS INDÉTERMINÉ, DÉTERMINÉ À ME DÉMINER DE TOUS LES FAUX SEMBLANTS DE LA BOURGEOISIE ; JE SUIS UN CLOWN, AHURI ET HÉBÉTÉ DEVANT LES PITRERIES DE MES CONTEMPORAINS SANS NEZ ROUGE ; JE SUIS UN BREAKDANCEUR, HAUTES PHASES UN PHASEUR, THOMAS M’SITUE HORS APESANTEUR ; JE N’AI NI VISAGE FERMÉ, NI VISAGE OUVERT, JE CLIGNOTE TEL ARISTOTE DEVANT LE RICTUS DE MES FRÈRES & SŒURS ; JE SUIS UN SAUVAGE, IVRE DE VIVRE À L’AIR LIBRE ET M’ASPHYXIANT POUR ME CONSTRUIRE UNE CIVILITÉ SURGISSANTE ;

*

JE SUIS UN NOMADE, DE L’INTÉRIEUR, JE VRILLE VIREVOLTE NAVIGUE EN PRINCE SUR UNE MER À LA FORCE DE TITAN. JE SUIS UN PAUVRE QUI VA BÉQUILLANT EN ÉQUILIBRE PARMI LE DÉSERT HUMAIN. JE SUIS SALIS – DÉFINIR NATURE PAR LA PAROLE EST UNE SALOPERIE ET POURTANT LA CULTURE N’A PAS À ÊTRE UNE EMPRISE ; LA NATURE CRÉA L’HUMAIN CE DERNIER DES OBJETS POUR PERSÉVÉRER D’EXISTER ; PEUT-ON VOIR SES PRODUCTIONS COMME UNE NATURE transhumaine ? – MERCI À ELLE, JE transmute EN SAVOIR CE QUI M’ARRIVE.

JE SUIS STOÏCIEN MI-HOMME MI-FEMME, À LA FOIS AUSSI MOURANT ET NOUVEAU-NÉ, RIDÉ ET AU VISAGE INDISTINGUÉ ; JE SUIS CETTE MARCHE EMBÉQUILLÉE AUSSI CETTE FAÇON DE SE TRAÎNER AU SOL. JE SUIS MORT, JE RENAIS, JE SUIS VIVANT (- DONC CERTES NON je ne suis pas charlie). JE SUIS CETTE PLONGÉE DANS L’IMMANENCE DE CE QUI N’A PAS BESOIN DE NOMINATION POUR ÊTRE – JE PARLE BIEN DU VIVANT, QUE LES théologiens NE S’Y TROMPENT PAS ÇA N’A PAS BESOIN DE DIEU POUR SUBSISTER – ET L’ON NE PLONGE QUE DANS L’EAU, L’INDÉTERMINÉ, L’IN(DÉ)FINI.

JE SUIS UN PÊCHEUR, DE MA RECHERCHE-EN-NAGE J’AI BOULEVERSÉ MA RAISON EN LUI PERMETTANT DE SAVOIR QU’ELLE IMMANE D’UNE VIVACITÉ ; MA PENSÉE, À LA FOIS D’ABORD UN POTENTIEL ET DES PROCESSUS ; CHACUN D’EUX ACTUALISE SA PUISSANCE – SA NATURE -, DES AFFECTS DES ÉMOTIONS DES PASSIONS DES ZOMBIES DES IDÉES DES SYMBOLES DES CONCEPTS DES FANTASMES DES HALLUCINATIONS ; DES PROCESSUS ET DU POTENTIEL AU FOND C’EST LE CORPS – et qui sait ce qu’à partir de il ne sait plus ? – ; TATOUER OU ÉPIDERMISER SES VIVANTES INTENSITÉS, TES ENTRAILLES TES TRIPES SONT NON DES ORGANES MAIS DES MATRICES QUI POÉTISENT DES IMAGES AFFÉRENTES D’ACTIONS – certaines peuvent être des discours – POUR LE MONDE OU QUI DISCOURENT EN ROMANTIQUE À SON PROPOS.

JE SUIS CETTE VOLITION DU MONDE COMME MOMENT DE SA TRANSFORMATION. JE SUIS CETTE CONTEMPLATION, FERTILE EN SAVOIR STÉRILE-À-LA-TRANSFORMATION. JE SUIS UNE ILLUSION QUI (ME) FAIT ACCROIRE QUE LA CONTEMPLATION EST EN TRANSFORMATION ; ET L’ILLUSION DÉCONSTRUIT SON IMAGE EN COMPRENANT QU’ELLE N’A QU’ELLE POUR RÉFÉRENCE, CERTES ELLE CHANGE ! MAIS JAMAIS QU’EN SE MIRANT COMME FORME DE LA PERFECTION ; ET LE POTENTIEL – oui LE TIEN PAS CELUI DE L’AUTRE – EST ARÉFÉRENCÉ, SERAIT-IL PAS PLUTÔT LA RÉFÉRENCE « ANIMAL » DE TES PUISSANCES ? NE PRENDS PAS PEUR, JE NE FAIS QUE (TE) POSER UNE QUESTION…

« tous les sangs sont sains »

Être moi dans tous mouvements
Resss – piration  grosse de mille passions
Osccc – illation   dense – intense-plosion

Léger, le vent m’allège
Éclosent mes graines au Soleil baignées
S’ouvrent dans l’horizon mes plaies
S’y nettoient y mutent en élan moins brisés

L’ombre devient une amie
Solitude projetée, double de l’un
Où rien n’est d’autre qu’un désir de rire
Néant n’est rien – tout résolu dans un élan de vie

Tous [les] cœurs alentours se fondent en un
Même pulsation, tous les sangs sont sains
Tous vibrent d’une même Nature
Grosse de mille dieux

Qui eurent heures de gloires
Dans l’iris qui se dédouble en milliards
Et trilliards aussi les peaux
Le silence de l’esprit, lui, est par-delà le nombre

Désormais tout est fini
L’apocalypse a lu–it
La parole ne souille plus rien
Pure    (étiré à volonté)            vibrance
Dieu-Christ n’a plus passion, souffrance
Pour tirer hors du temps l’humain à sa présence.

(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir
La fission de l’atome précède
La chair qui en fœtus accouche l’esprit
(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir

Tout est présence pure présence trop intense

: langages frontières barrages

Tout s’mélange

: règles lois courbes

Tous étranges

: verbes sujets prédicats

Tous se touchent

: cavités bras têtes
périnée au mètre
rirerirerire      (très vite et vibrant)
joiejoiejoie       (idem)
fêtefêtefête       (idem)

(voix d’éjaculation)

Mèze, 21 septembre 2015

poésie ravivifiante

Je me vois là, faible pour la vie
de ça je n’ai pas de honte
car de cela je ne m’apitoie ;

Tandis que cœur & esprit à l’unisson
Me font arpenter cette dénivellation
un seul regard dans le puits de mes remémorations
et l’espoir je retrouve, en mon sein, en gestation ;

Cette dure route qui paysage mon existence
je la reconnais car déjà je la vécue,
des centaines de fois peut-être
mais qu’importe le nombre,
Car la vie est une table multipliant les multiplications

Car l’existence est une table
Multipliant les multiplications.

En moi, le penseur veut connaître, comprendre & créer
Et le poète veut s’étendre, voir & aimer ;

Le sage est ou dans la cave ou sur le toit
à crier haut ce que l’idiot ne perçoit pas,
Ce que le solitaire, une fois encore,
Se voile de plaisirs en voulant un désert
pour en fuir les oasis

2 avril 2013, BUC du Mirail, 4° étage, aile sud-est, écrit entre 11h et midi

rap sans titre

J’suis un guerrier sans cause
Qui cherche sa bataille
En attendant j’assène des coups d’épée dans l’vent & me noie dans mon spleen

Mes lectures me construisent
M’harmonisent aussi parfois
Mes écrits sont comme un corps que je ne caresse pas

Sans peau en retour
À l’éther ma pensée retourne
Au moins mes cernes maquillent mes yeux, – change mon regard

Tous mes rêves sont absents
Ils obéissent à ma voix
Qui leur a dit d’errer derrière le voile de ma conscience pour me laisser paisible

Mon existence est telle un prisme
Elle réfracte toutes les lumières
Je n’en veux rétracter aucune :
Donc je mesure ce que je porte d’estimable

Tout en moi n’est que tendances à accomplir ma promesse
Le reste, des détails
Que je porte en vitrail
Pour venir décorer mes chiottes

Moins tu me comprends et mieux tu comprendras,
Vieil argument mystique tout rajeuni par mes doigts
Et quand ils dessinent des lettres
C’est pour trouver le concept de l’espèce

Mais ils tremblent forts quand ils retrouvent ce qu’ils perdirent
Que l’indéfini est dans l’humain comme l’est le vide pour l’espace.

écriture éthylique

Raide défoncé. Enfin, pas tant en vrai, mais quand même bien, oaius ! J’me calle devant l’ordi, je lance un SoundCloud avec des instru de 2Pac, ça glisse tout seul ; une envie d’écrire, trop défoncé pour sortir une feuille et un stylo (la flemme tout ça). Aucune idée en tête, c’est ça l’pire, se mettre à écrire sans qu’on ait rien à dire, même pas que la vanne expressive s’ouvre ; telle une coquille vide attendant qu’on vienne me briser – mais par qui, par quoi ? Rien ne se passe, ici, ou ailleurs, rien. – J’écris avec ma chatte qui dort sur mes genoux, remue sa queue, etc. Je relis d’un œil fatigué ces quelques lignes que tu viens de lire, je lis ça comme, je ne change rien, ‘fin si, un peu la ponctuation, en passant, vite fait. C’est dingue combien je n’ai jamais autant écrit en lisant que dernièrement, – je me rattrape on dirait ! Je souligne, j’entoure, j’écris mes commentaires de lecteurs en marge du texte, etc. Tout ça n’est pas très intéressant – mais j’ai averti, hein ! que j’n’avais pas d’idée et pas de création quand j’ai décidé d’écrire, à l’instant -, mais c’n’est pas grave, l’essentiel est de n’avoir rien à viser en écrivant, et d’s’y t’nir (on dirait une langue ancienne, tu ne trouves pas ?). Je me prépare un épisode de Breaking Bad pour juste après, saison 5 épisode 11, un épisode où W.W. aka Heisenberg va faire des révélations à Jesse Pinkman sur la nature de leur relation, sur son cancer, sur la méthamphétamine, sur pourquoi le ciel est bleu et la couleur du sable qui les entoure est dominante chaude, etc. Il va lui dire, bien en face, qu’il a fait ça « pour sa famille », qu’il a fait ça « pour l’argent », mais qu’au fond, il « regrette », il sait qu’il « ira en Enfer », et bla et bla et bla (comme dirait N. ; N. c’est une fille sympathique, qui dit c’qu’elle pense, franc jeu, hein, elle y va sec, tant pis si ça blesse, une vraie enculeuse-née c’te meuf !) En pensant à elle, comme ça, par glissement, je pense à M., elle, qui, ben, euh… y a rien à dire, un fantôme dans une shell, une sorte de Major Kusanagi, mais sans les améliorations et l’appétence pour la baston, mais en ce qui me concerne, la même envie de lui limer l’anus proprement, en commençant par y mettre « un doigt… puis deux… puis trois » (comme dit la chanson), un peu de salive, ma queue. Elle, ma queue, aime bien se sentir à l’étroit, c’est sanguin, le sperme emplit mieux ma cavité …, c’est l’impression que ça me fait en tout cas (je me suis mis quelques articles sur le sperme en favori. Il est maintenant 2h11, mes yeux fatiguent, ils passent tellement de temps devant un écran, c’est fou.) Je suis connecté sur Facebook en même temps, j’ai cliqué sur le profil d’une ex, J., quand je vois son visage, celui qu’elle a mis sur son avatar, je repense immanquablement au visage qu’elle avait après lui avoir bouffé sa belle chatte pendant quelques minutes, tout détendu son visage, toute douce sa voix, tout tendre ses caresses sur mes pectoraux. Elle m’avait branlé juste après, je crois qu’elle fait partie de ces femmes qui n’aiment pas faire des fellations – à moins que ce ne soit le traitement classique pour les coups d’un soir, qui sait ? -, pourtant je la lui avait sortie, belle & bien dressée devant ses yeux couleur bleu/vert, elle l’avait un peu regardé, mais elle ne l’avait pas impressionné, mais quand même, j’ai trouvé qu’elle manquait de correction : mesdemoiselles, quand un homme vous présente sa queue, comme ça, noblement, la moindre des choses est d’y faire une bise, oui – un peu de savoir vivre ! On s’était revue une deuxième (et dernière) fois, chez elle, elle cuisinait des pâtes (pas top) dans une robe rouge qui moulait parfaitement son superbe cul. Tout en elle, de ce que j’ai pu voir, était beau : elle avait une vraie sensibilité, une intelligence normale, un instinct de soumise absolument magnifique, J. c’est une insatisfaite, une femme que sa beauté cloisonne pour être au monde, tous regards vers elle convergent mais elle ne récupère nulle vie par eux, juste… elle se sait belle (c’est déjà bien, oui, mais l’essentiel n’est pas là, sauf pour une femme violée, là, l’apparence, la vraie apparence, suffit amplement à rassurer, à rasséréner l’âme détruite, mieux que du maquillage, c’est une enveloppe spirituelle – Beau = Esprit – qui englobe l’existence du corps). Mais J. ne m’a jamais semblé qu’elle était une femme violée, non, juste une femme en quête d’un amour qui puisse la transcender, la faire, peut-être ?, s’évader hors de cette coquille (la même que celle d’M.) que j’ai appelé « se savoir belle ». Ce sentiment là, en la présence d’une femme, de se dire que sa beauté la ferme à elle-même, je ne l’ai pas toujours. Je côtoie plusieurs femmes qui sont belles, et s’épanouissent ainsi (enfin, comme tout humain, elles tentent de s’épanouir), mais jamais cette impression, ‘fin, je voulais écrire rarement cette impression, alors voilà, c’est fait ; mais rarement cette impression ne me vient quand je les vois. J’ai plusieurs regard, quand je regarde une femme, le premier qui me vient spontanément, bien que ce ne soit pas celui que je préfère, est celui du prédateur, je regarde une femme, droit dans les yeux (c’est risqué d’être un prédateur de cette façon, on ne sait pas qui est l’autre) en désirant la percer à jour. C’est idiot, hein, vous savez de faire ça, ça ne marche quasiment jamais, sauf quand c’est une femme qui vous est soumise, alors là, non seulement vous connaissez ses faiblesses, mais en plus de ça, vous vous êtes projetés en elles pour la faire rôtir à vos sévices, à vous, et alors, vous jouissez, par auto-érotisme projetés, de vous faire du mal à vous-même ! (Quelle superbe perversion, ain’t it?)

(fragment d’un poème inachevé)

Aussi profonde que puisse être ma haine
Mon amour m’attend toujours au plus haut.
Aussi puissant que soi mes doutes
Mes certitudes sont proches et itou.
Aussi désespérés que me semblent être mes situations
Toujours la promesse des lendemains chantant marche.

Si tant de douleurs habitent mon corps,
Si tant d’inespérances sont les haltes de mes pensées,
Si tant de larmes dans mon âme coulent,
C’est parce que j’existe, voilà tout.

—-

Aussi vide de la sensation d’être qu’on puisse se sentir
Arrive toujours l’épaisseur de vivre.
Aussi chaotique que l’on puisse se sentir
Arrive rarement l’éclair de l’unité.

L’esprit vu par le corps

Le corporel (s’)exprime toutes les dimensions qu’il construit sous le mode du spirituel – l’esprit ! C’est la présence atmosphérique – présence-Image – du corps à l’esprit, à la façon de l’esprit. La façon qu’a de se modifier ce rapport à cette présence-Image – à savoir les divers intensités, les divers façons qu’a l’esprit de se paysager, les divers objets de pensées, les divers façons d’imaginer, les divers façons de se souvenir, et encore bien d’autres choses – est ce que l’on appelle le flux de l’esprit, c.à.d. l’expression du corps vécu – représenté – sous le mode de l’esprit.

Pour reformuler autrement : le corps n’est jamais neutre relativement aux différentes séries qu’il traverse (intensités, paysages, objets de pensées, etc.), en effet, la traversée ne peut être autre chose qu’un devenir ; et le corps, il n’est pas possible qu’il ne passe pas par différentes séries, et, bien sûr, que chacune de ces différentes séries, en elles-mêmes, n’évoluent pas : il est impossible d’appeler « humain » un individu qui ne voit pas ses pensées évoluer avec le temps, un individu qui n’est pas traversé de nouvelles intensités, ou les anciennes, qu’il n’arrive pas à tisser de nouveaux rapports avec elles. Par conséquent, la catégorie ontologique n’est pas celle de « être » mais bien celle de « devenir », car tout ce que l’on dit et que l’on reconnaît comme « exister » il faut avant toute chose qu’on reconnaisse que : devenir est ce qui rend possible de re-connaître le contenu concret de l’être, car sans le devenir il n’y aurait que de l’être, et toutes choses seraient figées, et dans le monde et dans l’intériorité – et tout ne serait donc que néant, car sans distance il n’y a ni présence, ni images, ni rien d’autre. Il est bien sûr possible d’illusionner la catégorie de « être » comme étant la première catégorie ontologique, mais il semble alors que l’on se laisse aller à une sorte de méditation qui ne prends pas appui sur quelque chose de concret – le corporel –, mais bien sur quelque chose de subtil – le spirituel – : et alors, l’esprit devient, en quelque sorte, « imbu » de lui-même, car, en se retournant vers lui au moyen de lui-même, et suivant sa propre mesure, il ne fait jamais que retrouver ce par quoi il a pu commencer à penser, à savoir lui-même (détaché de toutes les choses du monde) : et alors, la tentation est grande qu’il « enfle », c.à.d. qu’il se rende incapable d’accorder une valeur à d’autres choses qui ne sont pas, ou alors bien difficilement, aussi subtil que lui. Car il reste, malgré tout ce qu’on lui a fait subir depuis que l’homme pense-par-écrit, le plus subtil… En quelque sorte, l’esprit est donc bien emprisonné par le corps, ou plutôt devrait-on dire qu’il est absolument au service du corps : l’enjeu de la philosophie est donc bien, non pas d’apprendre à l’esprit de tendre à ne se reconnaître que dans les événements du monde, mais bien plutôt, à apprendre à l’esprit qu’il n’est là que pour remplir une fonction toute différente de celle à laquelle il se croît appartenir (connaître, connaître Dieu).

Et c’est à ce point précis que les choses prennent un jour nouveau, promettent un avenir très différent de ce que l’on a appris à penser par automatisme (habitude et répétition) : on vit sans savoir ce qu’est la fonction de l’esprit [1]… Sur ce point d’achoppement précis, les doctrines, les pensées philosophiques, les systèmes religieux donnent un panel de réponses infini – ce que nous pouvons comprendre comme une preuve, qu’au fond, l’esprit garde tout son mystère… Ce dont on ne peut néanmoins douter est qu’il y a bien une fonction qui est remplie car, ce dont nous ne pouvons encore moins douter c’est bien que l’esprit fonctionne : au fond, que l’esprit est vivant – oui ?

[1] Il suffit de douter réellement sur ce que l’on considère comme une connaissance acquise pour, immédiatement, se retrouver nez-à-nez avec l’inconnu – le réel !