creuse ta terre

Chaque être vivant est un monde dans les rencontres rares sont les moments où les mondes se croisent. Parfois on se rencontre à tel ou tel endroit ponctuellement. Et certain.e.s se hantent d’avoir crus que les points de vue n’étaient pas les mêmes pour tous les bords. Pensant que notre âme est proche de celui.celle avec le.laquelle on partage notre moment la séparation nous fait mal, et plus d’autant si la fusion fut intense.

Mais une rencontre a-t-elle seulement été faite ? — Oui sans doute. L’instant de la rencontre a touché une part si profondintésement vivante que la vie intérieure s’en trouve marquée à vi-e|f. L’âme s’est touchée elle-même comme quand on touche le corps d’un.e autre et qu’on s’imagine redécouvrir le sien emporté par la mer du ressenti. Quand donc les mondes se rejoindront-ils entièrement ? quand voyagera la pensée à la vitesse de la lumière à travers l’espace ? quand l’âme aura-t-elle remontée jusqu’à la profondeur de ses racines ?

 

Nous venons tou.te.s de la terre ; nous sortons d’elle mais ne quittons jamais, réellement, son giron

Certains creusent avec les ongles,
d’autres avec les dents,
d’autres avec le sexe,
d’autres avec la cervelle,
d’autres avec la pelle

Toi, avec quoi creuses-tu ?

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Fragments d’autobiographie

 I

Toutes ces femmes éthiopiennes m’ont émerveillé. Elles étaient toutes ouvertes, tout leur visage montrait la brillance de leur âme, d’une façon si fine, et si féminine – quelle beauté ! Ils exprimaient tant de choses, tant de richesses, et de noblesse !

Ces visages-là me donnèrent envie d’écrire, de crier ma joie, toute ma joie à la face livide du monde. Elles me donnèrent la conviction de faire savoir, à ce cadavre qui agonise lentement, que ma joie, « elle », est sans fin et qu’elle a pris la résolution de ne plus se laisser recroqueviller, se faire rapetisser, étouffer – MOURIR ! voilà qui lui est impossible ; et qui prétend le contraire est le hochet de la bêtise ; est la proie de l’animal dressé par la faim.

Et ces racines, ces labyrinthes, ces dédales paradoxaux, tout, tout, tout cela ne provient-il pas de la suprême joie d’être en vie – de vivre veux-je dire, tu vois ?

Mais de quelles bêtises n’ai-je pas été capable ? À quel point ne me suis-je pas menti ?, mutilé ?, mortifié ? Durant toute ma putain d’enfance, ma putain d’adolescence, putain d’merde ! Si je ne fournis pas d’effort je sombre dans un profond dégoût en me remémorant tout cela. Et j’aurais tort de m’arrêter à l’apparence que m’offre ces négations de soi, elle m’écarte de percevoir la majestueuse probité qui est à l’œuvre. Car ces mutilations et ces mortifications ne les ai-je pas exprimées, telles quelles et sans détours, pas tout le temps certes mais un grand nombre de fois et en de nombreuses occasions ? Je n’ai jamais feint d’être heureux et en joie quand j’étais d’humeur à m’estropier. Tous ces verres, tous ces joints, toutes ces inepties – j’ai dit oui à cela car je pouvais exprimer mon authenticité : mes souffrances, mes façons d’être débiles, mes trop nombreuses façons de méconnaître ma vie (je veux dire par la seule façon qu’elle a de se présenter à moi). Oui c’est vrai aussi, j’ai menti, mais de façon ponctuelle seulement ; et que mes mensonges n’aient tenu que peu de temps, je le dois à l’une de mes plus insupportable vertu. Les mensonges, comme autant de châteaux de sable, étaient littéralement liquéfiés À CHAQUE FOIS que la mer démontée de ma vie intérieure se refermait sur moi… comme si je ne ressentais pas au centuples les vibrations… – un « Achille de l’existence » ne choisirait jamais de supporter cela, seul un inconscient le voudrait ; et il faut l’être pour délibérément choisir de rester dans la vie en sachant que l’on devra vivre cette insupportable intensité un nombre indéfini de fois et en des moments impromptus.

Hé ! voilà la vie la meilleure. On est assuré de voyager. De vivre de différentes façons.

J’ai toujours eu l’intuition de cela ; ce qui m’avait manqué c’était la confiance en moi pour croire en cela et m’y appuyer – pour vivre de cela. Ô quel filon ! : fontaine de jouvence, enfant doré (– peut-être es-tu de ceux qui croit que les mystiques inventent des choses au-delà de la nature ?)

II

Dois-je passer ma vie entière à guérir de mes blessures ? Est-ce seulement réaliste ? Comment les gérer ? mes douleurs ?

Quand je pense à la marche me vient la fatigue que je ne pourrais éviter ; elle me terrifie. Ça sera ma vie ? – Ainsi soit-il ! Amor fati, amigo !

J’ai du mal à y croire.
Jamais je ne pourrai sortir de cela :
Quelle change d’être si proche de la vie !

Elle est si dure, si impitoyable. Voilà mon éthique : ne pas reculer, plutôt plonger dans cette richesse ; là où trop ne voient que du binaire, pour moi, il n’y a que du composé, du nuancé.

Au lieu de se contenter d’un rôle, chercher à en assumer le plus possible, tous ceux dans lesquels mon être a quelque chose à agir. La maladie ne me fait pas peur, elle n’existe pas en soi ; et elle est l’une des choses de ma vie contre laquelle je me suis raidi – à tord ! – : la maladie est une prison, un ennemi. Comment pouvais-je assumer mon existence terrestre alors que mon corps ne sentait et ne pensait que la maladie et du négatif. Je voyais tout à travers ce prisme-là ; je vivais dans un perpétuel ressentiment – mais puis-je vraiment appeler cela du ressentiment ? –, je me refusais à vivre ma vie, je ne la voulais pas.

Au lieu de comprendre ce qu’elle a de bon, je persistais à ne pas vouloir y voir mon « image ». Et cette erreur m’a tant apporté. Jusqu’à présent, les moments où je suis arrivé à me transformer sont les plus riches de mon existence, sans aucun espace pour en douter. Je pourrais mourir demain, j’aurais la conscience tranquille : j’ai vécu ma vie intensément et sans me mentir. J’ai fait, à mon niveau d’individu, ce que l’humanité a fait au niveau global, et ce qu’est la vie en son « cœur » : je me suis transformé, j’ai changée. Pleine humanité. J’ai vécu, réellement, en quelques années, quelques mois, ce que certains autres ne vivront que sur une vie entière, ou même ne connaîtrons jamais.

Il n’est alors pas étonnant que je me sois toujours senti mal à l’aise, « anormal » par rapport à un environnement qui, pour quelque raison encore inconnu de moi, a une toute autre façon de considérer la vie. Une fois assuré du minimum pour vivre, les gens – j’ai bien conscience que « les gens » ça n’existe pas… – se laissent aller à leurs acquis, ils perdent le sens du merveilleux et se transforment, de phénix multicoloré en insecte mû par des stimulus figés ; « ils » continuent à vivre, oui bien sûr, mais selon des pratiques conformistes, des rituels désincarnés et sans personnalités ; certains même deviennent des végétaux… – hé oui !, pourquoi risquer de perdre ce qui fait qu’une vie est possible ?, le destin ne peut-il pas tout nous ôter d’un simple coup d’aile|schwoop ?, et puis, plus rien, on recommence tout : « Alors gare, et assure-toi de mener le plus loin possible ton existence, sans laisser le destin te dévoiler aux yeux des autres tel que tu ne le veux socialement pas, tu ne veux pas que on sache tes faiblesses. Car oui, tu en as une multitude – ne me mens pas, c’est moi qui sait, et toi qui crois s’ignorer – ; en vérité je te le dis, c’est de leur non-relation à elles qui expliquent que tu es un insecte. […]

III

Dans ma recherche, j’ai peur de me tromper, d’échouer. Donc je ne m’engage pas assez, je ne fais pas face à l’objet de ma peur. Si je ne la refoulais pas, je me rendrais compte de l’essentiel – il n’existe pas d’objet « peur », elle n’est rien de plus qu’un affect. En tant que tel, et dans ce cas précis, elle m’empêche d’être dans le mouvement ; elle me fait rester à l’extérieur. Et pourtant je sais très bien, pour l’avoir expérimenté souvent, que je suis à l’aise une fois dans le mouvement, car là mon esprit créé des solutions et pas des problèmes. Je suis un être devenant, là est ma vérité ! À moi de l’accepter…

Accepter la vie comme mouvement, il n’y a pas de liberté ou d’affranchissement plus radical et complet que celui-ci. Vivre, c’est être en mouvement : c’est passer par la souffrance, la joie, la haine et l’amour – et cætera… ! : dire oui à tout cela !

L’ami et la mort

C’est l’ami qui est le signe que la mort et la souffrance ne sont pas les chemins finaux de l’existant, dans la tentation que ceux-ci lui offre, dans la mesure où un horizon dont le seul paysage serait la mort ne saurait permettre à l’existant d’envisager autre chose que cette dernière.

C’est par l’empressement à faire lien avec l’ami que le souffrant montre avec le plus de clarté son besoin de l’ami.

Non pas que l’ami soit là pour combler un manque, un vide — il est là pour que l’esprit soit occupé à penser à autre chose qu’à sa propre mort. En effet, l’esprit est un corps qui ne se vit pas comme une matière mais qui n’en a pas moins, comme elle, la faculté de mourir.

S’occuper l’esprit, faire en sorte qu’il sorte du cercle vicieux qui se trouve au-dessus de la mort (vue comme un précipice dans lequel, fatalement, chacun doit tomber). Le terme de cela étant ce qui est réservé à la discrétion de chacun, ou à celui du hasard.

Et c’est en réaction par rapport à cette mort que s’affirme, en se faisant plus tranchante plus vive la volonté de vivre : elle est a posteriori.

je suis … (texte en cours d’écriture)

à qui sait lire une évidence sautera
aux yeux que le plus important n’est
pas d’être tant de choses ou aucune,
mais d’exister en liberté sur une
Terre… jusqu’à la mort

*

JE SUIS UN GÉNIE, UN HANDICAPÉ, UN HOMME FAIBLE, UN HOMME PUISSANT ; JE SUIS LA SOMME DE MES RÉUSSITES MOINS CELLES DE MES ÉCHECS – JE TUTOIE DONC LE TROU NOIR MATRICIEL D’OÙ ÉMANE LA CRÉATION – ; JE SUIS UN SADIQUE, JE SUIS UN DOMINANT QUI SAIT SE DONNER À L’AMOUR D’UNE FEMME, JE SUIS AUSSI UNE FEMME, JE SAIS AIMER LA PUISSANCE D’UNE FEMME ; JE SUIS UN PHILOSOPHE, JE SUIS UN POÈTE, JE SUIS UN ARTISTE, JE SUIS UN BÉQUILLEUR ; JE SUIS UN SOUFFRANT, ET AUSSI UN ENFANT – JE SUIS DONC UN PHÉNIX RENAISSANT DE SES CENDRES – ; JE SUIS DÉJÀ MORT, JE SUIS DEPUIS TOUJOURS FOU, DEPUIS TOUJOURS JE SUIS FOU DE VIVRE, JE SUIS UN HUMAIN RIEUR ET J’AI AUSSI PEUR DE MOURIR DEMAIN – je pleure quand j’écris ceci – ; JE SUIS UN PSYCHOTIQUE, JE SUIS UN INCONTINENT CONTENT DE PISSER POUR RIEN, JE SUIS HÉTÉROFLEXIBLE (parce qu’ILS le valent bien) ; JE SUIS MA GRAND-MÈRE, MON GRAND-PÈRE, MA SŒUR, MA MÈRE, MON PÈRE, MES COUSIN.E.S ; JE SUIS LES FEMMES QUE J’AI AIMÉS, QUE J’AI FAIT SOUFFRIR, JOUIR ET FUIR ; JE SUIS UN CON, JE SUIS BRUTAL, TROP RAPIDE, PAS ASSEZ HUMIDE DANS LA CONVERSATION – MAIS TOUJOURS JE SUIS TEL LE ROSEAU ET FLUIDE COMME LE VENT & L’EAU – ; JE SUIS BRUCE LEE, HENRY MILLER, FRIEDRICH NIETZSCHE & GILLES DELEUZE, MAIS AUSSI HERMANN HESSE, FRIDA KAHLO ET TOUTES LES FEMMES ENCEINTES ; JE SUIS UN PENSEUR, UN FANTASMEUR, UN RÊVEUR ; JE SUIS UN RAPPEUR, UN POÈTE, UN FOUETTEUR…
JE SUIS UN FRUSTRÉ, UNE PLAIE PURULENTE, UNE PEAU DÉCHARNÉE, UN CORPS DÉSARTICULÉ, JE SUIS UNE COLONNE VERTÉBRALE MEXICAINE ; JE SUIS UNE CHATTE QUI NE CESSE DE SAIGNER, NON PAR SES RÈGLES MAIS PAR SES NATALITÉS ; JE SUIS UN MONSTRE, TROP RÉEL POUR ÊTRE MIS EN IDÉES ; JE SUIS SANS ÂGE, TROP ENFANT ET TROP VIEUX EN MÊME TEMPS ; JE SUIS UN INFIRME, JE NE CESSE DE RIRE MOU, DE MOURIR ET DE RENAÎTRE ; JE SUIS LES VIBRATIONS DE MON ESPRIT, JE SUIS VITESSE ET LENTEUR, FRAGILITÉ & RELANCEMENT ; en tant que je puis le canalisé, – JE SUIS INDÉTERMINÉ, DÉTERMINÉ À ME DÉMINER DE TOUS LES FAUX SEMBLANTS DE LA BOURGEOISIE ; JE SUIS UN CLOWN, AHURI ET HÉBÉTÉ DEVANT LES PITRERIES DE MES CONTEMPORAINS SANS NEZ ROUGE ; JE SUIS UN BREAKDANCEUR, HAUTES PHASES UN PHASEUR, THOMAS M’SITUE HORS APESANTEUR ; JE N’AI NI VISAGE FERMÉ, NI VISAGE OUVERT, JE CLIGNOTE TEL ARISTOTE DEVANT LE RICTUS DE MES FRÈRES & SŒURS ; JE SUIS UN SAUVAGE, IVRE DE VIVRE À L’AIR LIBRE ET M’ASPHYXIANT POUR ME CONSTRUIRE UNE CIVILITÉ SURGISSANTE ;

*

JE SUIS UN NOMADE, DE L’INTÉRIEUR, JE VRILLE VIREVOLTE NAVIGUE EN PRINCE SUR UNE MER À LA FORCE DE TITAN. JE SUIS UN PAUVRE QUI VA BÉQUILLANT EN ÉQUILIBRE PARMI LE DÉSERT HUMAIN. JE SUIS SALIS – DÉFINIR NATURE PAR LA PAROLE EST UNE SALOPERIE ET POURTANT LA CULTURE N’A PAS À ÊTRE UNE EMPRISE ; LA NATURE CRÉA L’HUMAIN CE DERNIER DES OBJETS POUR PERSÉVÉRER D’EXISTER ; PEUT-ON VOIR SES PRODUCTIONS COMME UNE NATURE transhumaine ? – MERCI À ELLE, JE transmute EN SAVOIR CE QUI M’ARRIVE.

JE SUIS STOÏCIEN MI-HOMME MI-FEMME, À LA FOIS AUSSI MOURANT ET NOUVEAU-NÉ, RIDÉ ET AU VISAGE INDISTINGUÉ ; JE SUIS CETTE MARCHE EMBÉQUILLÉE AUSSI CETTE FAÇON DE SE TRAÎNER AU SOL. JE SUIS MORT, JE RENAIS, JE SUIS VIVANT (- DONC CERTES NON je ne suis pas charlie). JE SUIS CETTE PLONGÉE DANS L’IMMANENCE DE CE QUI N’A PAS BESOIN DE NOMINATION POUR ÊTRE – JE PARLE BIEN DU VIVANT, QUE LES théologiens NE S’Y TROMPENT PAS ÇA N’A PAS BESOIN DE DIEU POUR SUBSISTER – ET L’ON NE PLONGE QUE DANS L’EAU, L’INDÉTERMINÉ, L’IN(DÉ)FINI.

JE SUIS UN PÊCHEUR, DE MA RECHERCHE-EN-NAGE J’AI BOULEVERSÉ MA RAISON EN LUI PERMETTANT DE SAVOIR QU’ELLE IMMANE D’UNE VIVACITÉ ; MA PENSÉE, À LA FOIS D’ABORD UN POTENTIEL ET DES PROCESSUS ; CHACUN D’EUX ACTUALISE SA PUISSANCE – SA NATURE -, DES AFFECTS DES ÉMOTIONS DES PASSIONS DES ZOMBIES DES IDÉES DES SYMBOLES DES CONCEPTS DES FANTASMES DES HALLUCINATIONS ; DES PROCESSUS ET DU POTENTIEL AU FOND C’EST LE CORPS – et qui sait ce qu’à partir de il ne sait plus ? – ; TATOUER OU ÉPIDERMISER SES VIVANTES INTENSITÉS, TES ENTRAILLES TES TRIPES SONT NON DES ORGANES MAIS DES MATRICES QUI POÉTISENT DES IMAGES AFFÉRENTES D’ACTIONS – certaines peuvent être des discours – POUR LE MONDE OU QUI DISCOURENT EN ROMANTIQUE À SON PROPOS.

JE SUIS CETTE VOLITION DU MONDE COMME MOMENT DE SA TRANSFORMATION. JE SUIS CETTE CONTEMPLATION, FERTILE EN SAVOIR STÉRILE-À-LA-TRANSFORMATION. JE SUIS UNE ILLUSION QUI (ME) FAIT ACCROIRE QUE LA CONTEMPLATION EST EN TRANSFORMATION ; ET L’ILLUSION DÉCONSTRUIT SON IMAGE EN COMPRENANT QU’ELLE N’A QU’ELLE POUR RÉFÉRENCE, CERTES ELLE CHANGE ! MAIS JAMAIS QU’EN SE MIRANT COMME FORME DE LA PERFECTION ; ET LE POTENTIEL – oui LE TIEN PAS CELUI DE L’AUTRE – EST ARÉFÉRENCÉ, SERAIT-IL PAS PLUTÔT LA RÉFÉRENCE « ANIMAL » DE TES PUISSANCES ? NE PRENDS PAS PEUR, JE NE FAIS QUE (TE) POSER UNE QUESTION…

« tous les sangs sont sains »

Être moi dans tous mouvements
Resss – piration  grosse de mille passions
Osccc – illation   dense – intense-plosion

Léger, le vent m’allège
Éclosent mes graines au Soleil baignées
S’ouvrent dans l’horizon mes plaies
S’y nettoient y mutent en élan moins brisés

L’ombre devient une amie
Solitude projetée, double de l’un
Où rien n’est d’autre qu’un désir de rire
Néant n’est rien – tout résolu dans un élan de vie

Tous [les] cœurs alentours se fondent en un
Même pulsation, tous les sangs sont sains
Tous vibrent d’une même Nature
Grosse de mille dieux

Qui eurent heures de gloires
Dans l’iris qui se dédouble en milliards
Et trilliards aussi les peaux
Le silence de l’esprit, lui, est par-delà le nombre

Désormais tout est fini
L’apocalypse a lu–it
La parole ne souille plus rien
Pure    (étiré à volonté)            vibrance
Dieu-Christ n’a plus passion, souffrance
Pour tirer hors du temps l’humain à sa présence.

(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir
La fission de l’atome précède
La chair qui en fœtus accouche l’esprit
(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir

Tout est présence pure présence trop intense

: langages frontières barrages

Tout s’mélange

: règles lois courbes

Tous étranges

: verbes sujets prédicats

Tous se touchent

: cavités bras têtes
périnée au mètre
rirerirerire      (très vite et vibrant)
joiejoiejoie       (idem)
fêtefêtefête       (idem)

(voix d’éjaculation)

Mèze, 21 septembre 2015

poésie ravivifiante

Je me vois là, faible pour la vie
de ça je n’ai pas de honte
car de cela je ne m’apitoie ;

Tandis que cœur & esprit à l’unisson
Me font arpenter cette dénivellation
un seul regard dans le puits de mes remémorations
et l’espoir je retrouve, en mon sein, en gestation ;

Cette dure route qui paysage mon existence
je la reconnais car déjà je la vécue,
des centaines de fois peut-être
mais qu’importe le nombre,
Car la vie est une table multipliant les multiplications

Car l’existence est une table
Multipliant les multiplications.

En moi, le penseur veut connaître, comprendre & créer
Et le poète veut s’étendre, voir & aimer ;

Le sage est ou dans la cave ou sur le toit
à crier haut ce que l’idiot ne perçoit pas,
Ce que le solitaire, une fois encore,
Se voile de plaisirs en voulant un désert
pour en fuir les oasis

2 avril 2013, BUC du Mirail, 4° étage, aile sud-est, écrit entre 11h et midi

rap sans titre

J’suis un guerrier sans cause
Qui cherche sa bataille
En attendant j’assène des coups d’épée dans l’vent & me noie dans mon spleen

Mes lectures me construisent
M’harmonisent aussi parfois
Mes écrits sont comme un corps que je ne caresse pas

Sans peau en retour
À l’éther ma pensée retourne
Au moins mes cernes maquillent mes yeux, – change mon regard

Tous mes rêves sont absents
Ils obéissent à ma voix
Qui leur a dit d’errer derrière le voile de ma conscience pour me laisser paisible

Mon existence est telle un prisme
Elle réfracte toutes les lumières
Je n’en veux rétracter aucune :
Donc je mesure ce que je porte d’estimable

Tout en moi n’est que tendances à accomplir ma promesse
Le reste, des détails
Que je porte en vitrail
Pour venir décorer mes chiottes

Moins tu me comprends et mieux tu comprendras,
Vieil argument mystique tout rajeuni par mes doigts
Et quand ils dessinent des lettres
C’est pour trouver le concept de l’espèce

Mais ils tremblent forts quand ils retrouvent ce qu’ils perdirent
Que l’indéfini est dans l’humain comme l’est le vide pour l’espace.