haïku d’été

Étrange comme les couleurs changent
Avec le temps s’érode les clartés de l’enfance
Laisse place au vide – explosion d’énergie
A moins qu’un précipice se forme…
Et alors c’est le suicide…

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fragment de vie perceptive

C’était une journée sans paysages, sans lieux – même défilant devant les yeux comme quand on regarder à travers la fenêtre d’un train. Une de ces journées dont on retient toute l’importance dans une unique boule d’impression, et qui, contre notre volonté, se représente à notre vue l’espace d’une microseconde au moment où on l’attend le moins – en sortant du bus, en descendant des escaliers, en s’allumant une cigarette, ou parfois, plus fugace encore, elle nous saute aux yeux au détour d’une phrase prononcée par un.e ami.e : la voilà qui nous subjugue, nous enlève à nous-même, on se retrouve flottant au-dessus de là où le sol nous touche, comme un navire qui survole les récifs qui lui chatouillent la coque. Impression … (fais une pause dans ta lecture pour rêver ce que ton désir agence)

 

C’était une journée faite d’intensités. Plus vraiment de lieux, mais plutôt des vitesses qui étirent l’espace d’un lieu. Par exemple un buisson. Quand on le regarde à l’arrêt, il a une forme qui occupe un certain espace ; mais si on le regarde en courant très vite (ou en roulant en voiture, en train, etc.) le buisson est étiré, il a perdu sa forme ; cette réalité n’est vrai que pour nous, personnes qui percevons à l’intérieur du mouvement.

pornographie surréaliste

La culotte de J. est tellement mouillée que mon chat se met à la laper comme un bol d’eau fraîche. Elle se caresse devant moi ; lentement ses doigts se promènent, elle s’est tellement abandonnée qu’elle pense caresser son clitoris… Ses doigts ne sentent plus sa peau ses lèvres son vagin ; ils ne font que glisser sur de l’eau ; elle n’est qu’une statue d’eau vive qui stagne au soleil, et ses doigts des pattes qui par magie font ressurgir l’eau de son corps. Elle s’enfonce un doigt dans le cul jusqu’à la paume ses jambes s’écartent de plus belle ; son bassin fait de légers va-et-vient – elle y met un deuxième doigt, puis prépare l’entrée de la main entière en écartant son anus ; son pubis est à la hauteur de mon vit, il vient l’embrasser comme une enfant cueille une grappe de fruit la croque et se voit bénie par le jus frais qu’elle contient.
Moi aussi je ne suis qu’eau, et ma verge cascade de pierre chaude aux éclaboussures de lactose la fait pisser de joie : cascade sur cascade ; cascade sous cascade ; circuit divin, circuit liquide ; boucle sans fin où l’indicible s’immisce…
Je baisse ma verge jusqu’à la sienne, juste assez pour qu’elle s’y excite et que nous en rions.

*

Ses dents étaient blanches et son sourire délicieux ; une haleine excellente que mon sperme lui donnait. J’aimais la voir se liquéfier lorsqu’elle dégustait ma verge toute bandée. Le jus de son con me libérait de mes sensations malsaines. Nous nous entre-dégustions dans le cabinet exigu d’un train.

*

Puis n’en pouvant plus je rentre en elle à toutes forces. Ma verge-cascade devient sonde en épousant les parois serrées de son vagin qui se dilatent plus encore en ne refusant pas le désir. Nos respirations sont réglées l’une sur l’autre ; son anus japonais gicle à gorge déployée ; nous nageons dans un océan de désirs où tous nos organes flottent ; ce cul qu’elle branle est au-dessus de ma verge qui se dresse sur le front de son crâne : je m’en approche pour le sucer, il a le goût d’une paroi vaginale, de ce sexe qui contenta tant de fleuves ; c’est un œil bleu, un œil vert, un œil jaune ; un paresseux, un chat, une colombe ; ce vagin engendré par la sainte cyprine a les bourses plus poilues que les jambes d’un vieil homme.

Jouissons à l’unisson ; l’eau de bouillir ; les cascades de rajeunir ; l’océan de se rendormir

*

Nous parlons, nous nous disons des choses importantes. Il y a des couleurs, des plaines, des couloirs tapissés par nos saignements mémoriels, nos blessures d’existants ; à nouveau des plaines, différentes, pour un peu il y aurait le bruit de la fontaine et la senteur du naissant printemps ; je lui caresse les seins, je lui fait mal au téton ; elle joue avec mon petit sexe souple, je ne ressens rien : elle s’excuse… – nulle morale dans la pression sanguine.

Elle a le cul tout rouge, excité(e), je la fouette avec ma ceinture : elle décharge sur mon lit.

Je lui dis de garder sa respiration, de fermer les yeux, et d’attendre que j’ai fini de compter jusqu’à vingt pour les rouvrir. Elle me dit oui. Je compte, lentement, un chiffre après l’autre… à quinze j’enfonce mon poing dans son cul ; elle décharge sur mon lit.
« J’ai failli mourir étouffée par la jouissance, à ce moment-là. Merci. » … puis elle se jette dans le vide. Atterrie sur mon chibre.
J’ai le sang de ses selles sur mon bras, et des restes mal digérés dans mes ongles. C’est dégueulasse, ça me dégoutte… Mais à ses cris, à ses convulsions, mon amour pour elle devient plus grand ; elle ondine grâce à mes muscles ; elle est à ma merci ; je ne la domine point, ce n’est qu’un bras dans un cul. La jouissance qui la parcoure aussi est mienne réellement ; nous sommes deux, reliés, sans genre, sans je, sans temps : nous jaillissons l’un dans l’autre : une substance se redoublant.
Elle me dit, d’une voix de Lascaux, « Arrête… arrête… » – le sommet de son être est atteint -, sa voix est loin derrière sa bouche, mais elle dit car la vie est contrainte et préservation de soi. Je sors mon bras d’elle, moi aussi je n’en puis plus, nous sommes les mêmes. Bras est oint du parfum de l’intense plaisir, je ne cours pas le laver, je hais les sacrilèges ; je le pose entre elle et moi, comme une tranche entre deux pages.

Jouîmes à l’unisson
Eaux de se rendormirs

Poème sur la foule

Où courir dans la ville
Quand on a besoin d’crier
Le mal-être la tristesse
Pas les laisser nous couler

Faut-il braver l’regard
Se décharger de la colère
Vouloir la sortir de son trou
Sans peur d’paraître fou

Des fois faut lâcher la laisse
Alors la bête peut se délasser
Elle a besoin de murs propres
Qu’elle souillera d’urine
Odeur d’elle-même pour se retrouver