J’écris à l’heure où les mots vibrent

J’écris à l’heure où les mots vibrent
Quand leurs pesanteurs
Un peu au moins s’en va
Au loin, que s’envole au mieux
L’esprit là où le corps lâche prise

Le corps est certes
En devenir ; parfaite
Chaque croissance
De lui est comme une fête

Fête fête fête
Tout est un feu
De ce-
-ci ne t’affole point
Vois donc les signes
Liant passé et futur
Dans le présent-un.

Note à moi-même

Bah oui mon Ju,
Tu croyais esquiver
Comme la pluie ses gouttes
T’évanouir juste avant que le coup ne te touche ?
Pour rester dans ce rêve, impossible, il t’a fallu y perdre le souffle.

À ta charge désormais de le re-trouver
Aussi jeune, prêt à l’instant,
Que tu l’avais dé-laissé
Choisissant de te soumettre à tes peines et tes souffrances
Miroir renvoyant
Inversé l’image de ton être à ses puissances.

Mais non, mon ami,
Ta vie, à cet instant du moins, n’est pas finie
Ce qui est infini et un la limitera
« Sois », « Vis », ainsi parle l’Un
Dans le silence que le cadavre capture dans son apparence.

Perce-là, fais-toi confiance et reste prêt
Fort mais sans violence
Doux mais sans faiblesse
Ce qui arrive
Ravive ta vie
Éclaire ta vue
Dans la mesure de l’ordre où ton corps est inscrit.

Sagesse du Portique,
Fierté nietzschéenne
L’amor fati assimile l’inerte, qu’y renaisse la vie,
La croissance de l’animal
Entouré d’autrui
Soumettant par son désir
La matière pour la fabrique des formes.

La page blanche

Je suis face à une feuille
Qui me fait face
Elle me renvoie l’image
D’être une feuille – vide.

Le vide a sa part d’effroi
Car le vivant ne sait pas
Comment ça pourrait le combler
Ce que ça pourrait y inscrire
Ou comment ça pourrait le former.

Sorte de magicien,
L’écrivain écrivant.
Comme si ex nihilo
Les formes et les figures,
Apparaissaient les secondes,
Se rendaient discernables les premières.

Le vide a l’effroi en part page elle est miroir face vivant

Évanescent(e) mirage image
irage
présage
visage
hommage
pelage
corsage
mésange
orage
Pliage
plies d’âge
géométrie d’anciens âges

réminiscences d’anciens sages

Peu

J’écris mieux depuis que j’écris peu
Le silence je l’ai mis
De mon encre en son creux
Il a mainmise sur les ombres
Dansent et changent
Les murs de mon antre

Mon antre, mon antre, mon antre
Refuge pour mon âme que le monde
Rendit exsangue, exsangue, exsangue

Depuis la vie nue

Je viens de la vie nue
De la pulsation seule en continue
Où par-dessous (elle) rampe une autre mélodie
L’ombre, où seul nous serions rendus
Tempo, celui de la nature.

Je viens donc de cette vie nue
Par laquelle j’témoigne de ma situ’
Ation occasion d’en sortir l’écriture
Et la voix, aussi est celle-ci
Elle se donne et me transperce,
Puis je me transforme en textes
Que ma lourdeur ou mon allégresse
Soit ce que ma voix transmet.

Non pas la mort… !

Tout commence dans le bruit :
celui de l’eau

qui tombe en cascade,
érode roche ;

celui du vent

qui endanse les feuilles à la surface de l’eau,
qui décoiffe tiffs et fait clore les yeuz ;

celui de l’humain

qui trouve sens à la rencontre des « choses »,
qui meurt un petit peu au rapprochement d’avec Kósmos.

Partout, il n’y a que bruit – même le silence a trop à dire.

Partout, il n’y a que fut et sera – le présent d’une nature n’est pas conjuré

Le bruit me le rappelle quand je suis affranchis de ma lâcheté :

Léger, il est facile d’y sauter… sur l’autre rive !

Poésie sur la sodomie

Corps et âmes :
des caresses, malaxages,
des réponses en ondulations et gémissements.

Corps & âmes
ondulations vibratoires
qui entrent en résonance
avec l’autre.

Le gland dilaté l’anus y pénètre :
Cette logique ?
Porte ouverte pour un plaisir anussique !

Échange de chaleur entre un pénis saillant
et un intérieur en chair
lorsque
le gland s’installe un instant, puis repart il se laisse désirer un peu avant de reprendre place avec encore plus de facilité et profondeur.

Et l’orifice croît
à mesure que
le pénis de sang de sperme aussi est injecté
l’oreille attentive entendra
comme un bruit d’étirement (de plastique)
à ce moment.

Quand le pénis ne pénètre plus
le corps et l’âme
peut sentir
encore trace subtile
dureté sensible du passage créé
– et que dit-elle ? –
— s’il parlait, que dirait-il ? :
« Répète ma trace ; viens à moi qui t’appelle !
Vie ! que je sente toute cellules de mon rectum, comme après l’explosion ! » —
Donc l’enfournage continue ;
les cellules encore toutes chaudes,
l’anus grand ouvert
reçoit
encore mieux en longueur et en plaisir
pénis ruisselant

La chaleur revient,
avec elle,
le plaisir grandit ;
le déboussolement s’ensuit
du corps & âme
des deux uns.

25 août 2010, remanié le 24 janvier 2022