la danse d’un corps pensant

Ton corps est capable de danse, intense présence qui enlève la douleur quant celle-ci t’élances. tu es en voyage comme un mat marchant avec tes souffrances à la recherche de ce que manifeste ta présence. tu es là déjà, la joie d’exister jaillissant de toi. oublie les regards des idiots qui n’ont pas conscience d’être là. lâche tout, redevient nu.e, défais-toi de ce que tu es ta race, ton groupe, ta société ne sont que des erreurs dans lesquelles il ne te faut pas tomber. se perdre en eux car tu n’as pas su danser. déposséder de toi par des futilités.

alors danse suivant le rythme de ta présence — à la pointe du mouvement se trouve ce que tu es — retrouve toi seul, comme le rap rocé — découvre par l’agir les pourquois de ta naissance — trouve à nouveau ton aisance essence intarissable accent mirobolant   de ton équarrité

accent—agir—pire—rire ; rareté éternelle d’un puissant devenir

ouïr—myrrhe—jouir—luire ; litanie multiple d’une présence dans la mire

occire—l’or—lourd—l’art ; larve est la plume qui ne pond point de larmes

au-delà—ourve—louve—quart ; tantrisme retardé par un mouvement de carmes/cadres

joie—loi—ça—toi ; le soi se libère quand il quitte la soie

corde—rythme—bois—l’homme ; avalanche de femmes et d’hommes au-devant-dedans de l’enfant

pied—terre—force—pair ; quant le quatuor est là c’est que t’es arrivé.e

donc ton voyage commencE…

creuse ta terre

Chaque être vivant est un monde dans les rencontres rares sont les moments où les mondes se croisent. Parfois on se rencontre à tel ou tel endroit ponctuellement. Et certain.e.s se hantent d’avoir crus que les points de vue n’étaient pas les mêmes pour tous les bords. Pensant que notre âme est proche de celui.celle avec le.laquelle on partage notre moment la séparation nous fait mal, et plus d’autant si la fusion fut intense.

Mais une rencontre a-t-elle seulement été faite ? — Oui sans doute. L’instant de la rencontre a touché une part si profondintésement vivante que la vie intérieure s’en trouve marquée à vi-e|f. L’âme s’est touchée elle-même comme quand on touche le corps d’un.e autre et qu’on s’imagine redécouvrir le sien emporté par la mer du ressenti. Quand donc les mondes se rejoindront-ils entièrement ? quand voyagera la pensée à la vitesse de la lumière à travers l’espace ? quand l’âme aura-t-elle remontée jusqu’à la profondeur de ses racines ?

 

Nous venons tou.te.s de la terre ; nous sortons d’elle mais ne quittons jamais, réellement, son giron

Certains creusent avec les ongles,
d’autres avec les dents,
d’autres avec le sexe,
d’autres avec la cervelle,
d’autres avec la pelle

Toi, avec quoi creuses-tu ?

Fragments d’autobiographie #1

Toutes ces femmes éthiopiennes m’ont émerveillé. Elles étaient toutes ouvertes, tout leur visage montrait la brillance de leur âme, d’une façon si fine, et si féminine – quelle beauté ! Ils exprimaient tant de choses, tant de richesses, et de noblesse !

Ces visages-là me donnèrent envie d’écrire, de crier ma joie, toute ma joie à la face livide du monde. Elles me donnèrent la conviction de faire savoir, à ce cadavre qui agonise lentement, que ma joie, « elle », est sans fin et qu’elle a pris la résolution de ne plus se laisser recroqueviller, se faire rapetisser, étouffer – MOURIR ! voilà qui lui est impossible ; et qui prétend le contraire est le hochet de la bêtise ; est la proie de l’animal dressé par la faim.

Et ces racines, ces labyrinthes, ces dédales paradoxaux, tout, tout, tout cela ne provient-il pas de la suprême joie d’être en vie – de vivre veux-je dire, tu vois ?

Mais de quelles bêtises n’ai-je pas été capable ? A quel point ne me suis-je pas menti ?, mutilé ?, mortifié ? Durant toute ma putain d’enfance, ma putain d’adolescence, putain d’merde ! Si je ne fournis pas d’effort je sombre dans un profond dégoût en me remémorant tout cela. Et j’aurais tort de m’arrêter à l’apparence que m’offre ces négations de soi, elle m’écarte de percevoir la majestueuse probité qui est à l’œuvre. Car ces mutilations et ces mortifications ne les ai-je pas exprimées, telles quelles et sans détours, pas tout le temps certes mais un grand nombre de fois et en de nombreuses occasions ? Je n’ai jamais feint d’être heureux et en joie quand j’étais d’humeur à m’estropier. Tous ces verres, tous ces joints, toutes ces inepties – j’ai dit oui à cela car je pouvais exprimer mon authenticité : mes souffrances, mes façons d’être débiles, mes trop nombreuses façons de méconnaître ma vie (je veux dire par la seule façon qu’elle a de se présenter à moi). Oui c’est vrai aussi, j’ai menti, mais de façon ponctuelle seulement ; et que mes mensonges n’aient tenu que peu de temps, je le dois à l’une de mes plus insupportable vertu. Les mensonges, comme autant de châteaux de sable, étaient littéralement liquéfiés A CHAQUE FOIS que la mer démontée de ma vie intérieure se refermait sur moi… comme si je ne ressentais pas au centuples les vibrations… – un « Achille de l’existence » ne choisirait jamais de supporter cela, seul un inconscient le voudrait ; et il faut l’être pour délibérément choisir de rester dans la vie en sachant que l’on devra vivre cette insupportable intensité un nombre indéfini de fois et en des moments impromptus.

Hé ! voilà la vie la meilleure. On est assuré de voyager. De vivre de différentes façons.

J’ai toujours eu l’intuition de cela ; ce qui m’avait manqué c’était la confiance en moi pour croire en cela et m’y appuyer – pour vivre de cela. Ô quel filon ! : fontaine de jouvence, enfant doré (– peut-être es-tu de ceux qui croit que les mystiques inventent des choses au-delà de la nature ?)

L’ami et la mort

C’est l’ami qui est le signe que la mort et la souffrance ne sont pas les chemins finaux de l’existant, dans la tentation que ceux-ci lui offre, dans la mesure où un horizon dont le seul paysage serait la mort ne saurait permettre à l’existant d’envisager autre chose que cette dernière.

C’est par l’empressement à faire lien avec l’ami que le souffrant montre avec le plus de clarté son besoin de l’ami.

Non pas que l’ami soit là pour combler un manque, un vide — il est là pour que l’esprit soit occupé à penser à autre chose qu’à sa propre mort. En effet, l’esprit est un corps qui ne se vit pas comme une matière mais qui n’en a pas moins, comme elle, la faculté de mourir.

S’occuper l’esprit, faire en sorte qu’il sorte du cercle vicieux qui se trouve au-dessus de la mort (vue comme un précipice dans lequel, fatalement, chacun doit tomber). Le terme de cela étant ce qui est réservé à la discrétion de chacun, ou à celui du hasard.

Et c’est en réaction par rapport à cette mort que s’affirme, en se faisant plus tranchante plus vive la volonté de vivre : elle est a posteriori.

je suis … (texte en cours d’écriture)

JE SUIS UN GÉNIE, UN HANDICAPÉ, UN HOMME FAIBLE, UN HOMME PUISSANT ; JE SUIS LA SOMME DE MES RÉUSSITES MOINS CELLES DE MES ÉCHECS – JE TUTOIE DONC LE TROU NOIR MATRICIEL D’OÙ ÉMANE LA CRÉATION – ; JE SUIS UN SADIQUE, JE SUIS UN DOMINANT QUI SAIT SE DONNER À L’AMOUR D’UNE FEMME, JE SUIS AUSSI UNE FEMME, JE SAIS AIMER LA PUISSANCE D’UNE FEMME ; JE SUIS UN PHILOSOPHE, JE SUIS UN POÈTE, JE SUIS UN ARTISTE, JE SUIS UN BÉQUILLEUR ; JE SUIS UN SOUFFRANT, ET AUSSI UN ENFANT – JE SUIS DONC UN PHÉNIX RENAISSANT DE SES CENDRES – ; JE SUIS DÉJÀ MORT, JE SUIS DEPUIS TOUJOURS FOU, DEPUIS TOUJOURS JE SUIS FOU DE VIVRE, JE SUIS UN HUMAIN RIEUR ET J’AI AUSSI PEUR DE MOURIR DEMAIN – je pleure quand j’écris ceci – ; JE SUIS UN PSYCHOTIQUE, JE SUIS UN INCONTINENT CONTENT DE PISSER POUR RIEN, JE SUIS HÉTÉROFLEXIBLE (parce qu’ILS le valent bien) ; JE SUIS MA GRAND-MÈRE, MON GRAND-PÈRE, MA SŒUR, MA MÈRE, MON PÈRE, MES COUSIN.E.S ; JE SUIS LES FEMMES QUE J’AI AIMÉS, QUE J’AI FAIT SOUFFRIR, JOUIR ET FUIR ; JE SUIS UN CON, JE SUIS BRUTAL, TROP RAPIDE, PAS ASSEZ HUMIDE DANS LA CONVERSATION – MAIS TOUJOURS JE SUIS TEL LE ROSEAU ET FLUIDE COMME LE VENT & L’EAU – ; JE SUIS BRUCE LEE, HENRY MILLER, FRIEDRICH NIETZSCHE & GILLES DELEUZE, MAIS AUSSI HERMANN HESSE, FRIDA KAHLO ET TOUTES LES FEMMES ENCEINTES ; JE SUIS UN PENSEUR, UN FANTASMEUR, UN RÊVEUR ; JE SUIS UN RAPPEUR, UN POÈTE, UN FOUETTEUR…
JE SUIS UN FRUSTRÉ, UNE PLAIE PURULENTE, UNE PEAU DÉCHARNÉE, UN CORPS DÉSARTICULÉ, JE SUIS UNE COLONNE VERTÉBRALE MEXICAINE ; JE SUIS UNE CHATTE QUI NE CESSE DE SAIGNER, NON PAR SES RÈGLES MAIS PAR SES NATALITÉS ; JE SUIS UN MONSTRE, TROP RÉEL POUR ÊTRE MIS EN IDÉES ; JE SUIS SANS ÂGE, TROP ENFANT ET TROP VIEUX EN MÊME TEMPS ; JE SUIS UN INFIRME, JE NE CESSE DE RIRE MOU, DE MOURIR ET DE RENAÎTRE ; JE SUIS LES VIBRATIONS DE MON ESPRIT, JE SUIS VITESSE ET LENTEUR, FRAGILITÉ & RELANCEMENT ; en tant que je puis le canalisé, – JE SUIS INDÉTERMINÉ, DÉTERMINÉ À LE DÉMINER DE TOUS LES FAUX SEMBLANTS DE LA BOURGEOISIE ; JE SUIS UN CLOWN, AHURI ET HÉBÉTÉ DEVANT LES PITRERIES DE MES CONTEMPORAINS SANS NEZ ROUGE ; JE SUIS UN BREAKDANCEUR, HAUTES PHASES – UN PHASEUR, THOMAS M’SITUE HORS APESANTEUR ; JE N’AI NI VISAGE FERMÉ, NI VISAGE OUVERT, JE CLIGNOTE TEL ARISTOTE DEVANT LE RICTUS DE MES FRÈRES & SŒURS ; JE SUIS UN SAUVAGE, IVRE DE VIVRE À L’AIR LIBRE ET M’ASPHYXIANT POUR ME CONSTRUIRE UNE CIVILITÉ SURGISSANTE ;

à qui sait lire, une évidence sautera
aux yeux que le plus important n’est pas
d’être tant de choses, ou aucune
mais d’exister en liberté sur une
Terre où la rancune d’exister mul-
tiplie la souffrance de l’infirme…

« tous les sangs sont sains »

Être moi dans tous mouvements
Resss – piration  grosse de mille passions
Osccc – illation   dense – intense-plosion

Léger, le vent m’allège
Éclosent mes graines au Soleil baignées
S’ouvrent dans l’horizon mes plaies
S’y nettoient y mutent en élan moins brisés

L’ombre devient une amie
Solitude projetée, double de l’un
Où rien n’est d’autre qu’un désir de rire
Néant n’est rien – tout résolu dans un élan de vie

Tous [les] cœurs alentours se fondent en un
Même pulsation, tous les sangs sont sains
Tous vibrent d’une même Nature
Grosse de mille dieux

Qui eurent heures de gloires
Dans l’iris qui se dédouble en milliards
Et trilliards aussi les peaux
Le silence de l’esprit, lui, est par-delà le nombre

Désormais tout est fini
L’apocalypse a lu–it
La parole ne souille plus rien
Pure    (étiré à volonté)            vibrance
Dieu-Christ n’a plus passion, souffrance
Pour tirer hors du temps l’humain à sa présence.

(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir
La fission de l’atome précède
La chair qui en fœtus accouche l’esprit
(bruit court d’un éclair)                       ressouvenir

Tout est présence pure présence trop intense

: langages frontières barrages

Tout s’mélange

: règles lois courbes

Tous étranges

: verbes sujets prédicats

Tous se touchent

: cavités bras têtes
périnée au mètre
rirerirerire      (très vite et vibrant)
joiejoiejoie       (idem)
fêtefêtefête       (idem)

(voix d’éjaculation)

Mèze, 21 septembre 2015

poésie ravivifiante

Je me vois là, faible pour la vie
de ça je n’ai pas de honte
car de cela je ne m’apitoie ;

Tandis que cœur & esprit à l’unisson
Me font arpenter cette dénivellation
un seul regard dans le puits de mes remémorations
et l’espoir je retrouve, en mon sein, en gestation ;

Cette dure route qui paysage mon existence
je la reconnais car déjà je la vécue,
des centaines de fois peut-être
mais qu’importe le nombre,
Car la vie est une table multipliant les multiplications

Car l’existence est une table
Multipliant les multiplications.

En moi, le penseur veut connaître, comprendre & créer
Et le poète veut s’étendre, voir & aimer ;

Le sage est ou dans la cave ou sur le toit
à crier haut ce que l’idiot ne perçoit pas,
Ce que le solitaire, une fois encore,
Se voile de plaisirs en voulant un désert
pour en fuir les oasis

2 avril 2013, BUC du Mirail, 4° étage, aile sud-est, écrit entre 11h et midi